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Dernière modification : 13/01/15 à 13:54

20 janvier 2008

 

Réponse à la lettre d'opinion de Jacques Folch-Ribas intitulée «Incultes et satisfaits (?)»

publiée dans l'édition du dimanche 20 janvier 2008 du quotidien La Presse

Prière de lire cette opinion avant de lire notre réponse ci-dessous

Voir aussi : «On comprend que les éditeurs et les écrivains veuillent vendre leurs livres, mais que le Ministère se fasse complice de ce corporatisme primaire est un véritable scandale.» Lysiane Gagnon, La Presse, 5 février 2008, L'inculture triomphante

 

Voir aussi : «Mais ne pas comprendre le monde des jeunes internautes, les regarder avec mépris, ignorer les rouages de Facebook, MySpace ou YouTube, c’est aussi se condamner à être «inculte et satisfait»…», Le blogue de Pierre Cayouette, L'actualité, 5 février 2008, Qui sont les incultes?

 

 

 

Enseignement de la littérature à l'école

 

Tout est affaire de commerce pour le gouvernement, l'UNEQ et l'ANEL

 

 

Monsieur Folch-Ribas,

Collaborateur à La Presse,

professeur de littérature au cégep,

membre de l'Académie des lettres du Québec

et membre de l'UNEQ depuis sa fondation.

 

Dans votre lettre d'opinion publiée dans La presse du dimanche 20 janvier 2008, vous vous demandez «comment une association d'éditeurs de livres, qui n'éditent que de la littérature québécoise et canadienne, peut suggérer que les étudiants des deux niveaux pré-universitaire et technique soient privés d'étudier la littérature française, au bénéfice seul de la littérature du Québec?» et «comment l'UNEQ, composée d'auteurs québécois écrivant tout naturellement des livres québécois, peut pratiquer elle aussi la discrimination par l'oubli volontaire de l'histoire, des auteurs et des livres français dans l'éducation de leurs descendants et successeurs éventuels?». La réponse à ces deux questions est fort simple: tout est affaire de commerce pour le gouvernement, l'UNEQ et l'ANEL. Ces intervenants de la chaîne du livre souhaitent que tous les livres de tous les programmes d'enseignement de la littérature soient québécois pour en forcer l'achat. Rien de plus, rien de moins.

 

Il y a déjà plusieurs années que l'industrie québécoise du livre a pris le pas sur la littérature avec la bénédiction du gouvernement du Québec. Pis encore, il y a même confusion entre l'histoire de l'industrie québécoise du livre et l'histoire de la littérature québécoise.

 

À preuve, sur le site Internet du ministère de la culture, section «Livre et lecture - Panorama du secteur», on ne parle que de Politique de la lecture et du livre adoptée en 1998, de la Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre adoptée en 1981 et, bien entendu, de l'industrie du livre. On peut lire: «L'édition de livres est la plus ancienne des industries culturelles québécoises. Apparue au cours des années 1960 à la faveur des réformes qui ont marqué l'éducation et la culture, elle ne se développe véritablement qu'à partir des années 1970 avec le renforcement de l'édition scolaire et l'apparition des maisons d'édition qui modèlent encore aujourd'hui le paysage littéraire du Québec.» Le mot «littérature» est absent de ce «Panorama du secteur».

 

Dans la section «Rôle du ministère», le mot «littérature» est utilisé mais uniquement en relation avec les lois en vigueur: «Le Ministère voit également à l'application des lois concernant le livre et la littérature, soit la Loi sur le statut de l'artiste et la Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre. À cet égard, il est responsable de l'agrément des distributeurs, éditeurs et libraires au Québec.»

 

Enfin, sur son Portail International, tout ce que le gouvernement du Québec trouve à dire au monde au sujet de notre littérature, c'est ceci:

 

Portail Québec > International > Arts et culture > Littérature et conte > Survol

Survol

 

La littérature québécoise est relativement jeune. Vers la moitié du 19e siècle, on voit apparaître les premiers écrits québécois. Ces derniers s'inscrivaient dans un courant nationaliste dépeignant une société rurale, axée sur la famille, la terre et la religion. Parmi les romans du terroir on trouve Menaud, maître-draveur (1937) de Félix - Antoine Savard, Le Survenant (1945) de Germaine Guèvremont et Trente arpents (1938) de Louis Ringuet (pseudonyme de Philippe Panneton).

 

Cette tendance se maintient jusqu'à la Seconde Guerre mondiale où, durant l'après-guerre, on remarque une préférence pour les romans de mœurs urbaines. Cette littérature d'observation, réaliste et contestataire, compte parmi ses grands titres Les Plouffe (1948) de Roger Lemelin.

C'est en 1960, avec la Révolution tranquille, que l'industrie de la littérature québécoise commence à se doter de véritables structures. Sortant de la période dite de « grande noirceur », les écrivains québécois revendiquent leur identité culturelle. C'est le foisonnement de nouveaux auteurs. Aujourd'hui, au Québec, il se publie environ 4 000 titres par année.

 

 

Source

 

 

Quand le gouvernement du Québec affirme que les premiers écrits québécois sont apparus vers la moitié du 19e siècle, il démontre clairement son intention de s'en tenir au seul aspect commercial de notre littérature. Pour le gouvernement du Québec, le premier livre québécois à citer dans la présentation de notre littérature aux étrangers est un roman publié en 1937, Menaud, maître-draveur de Félix Antoine Savard. Or, à ce que je sache, le premier roman québécois date de 1837 et était l'oeuvre de Philippe Aubert de Gaspé, fils. Le gouvernement du Québec passe ainsi sous silence Louis-Joseph Papineau, Patrice Lacombe, François-Xavier Garneau, Octave Crémazie, Philippe Aubert de Gaspé, père, Philippe Aubert de Gaspé, fils, Pamphile Lemay, Louis Fréchette, Eudore Évanturel, Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, Laure Conan, Arthur Buies, Honoré Beaugrand, Edmond de Nevers, Nérée Beauchemin, William Chapman, Émile Nelligan, Camille Roy, Louis Hémon, Victor Barbeau, Lionel Groulx, Jean-Charles Harvey, Hector de St-Denys Garneau, Arthur de Bussières, Albert Lozeau, Paul Morin, Jean-Aubert Loranger, Robert Choquette, Alfred Desrochers, Clément Marchand, Albert Laberge, Blanche Lamontagne-Beauregard, Claude-Henri Grignon, Alain Grandbois, Henriette Dessaulles, Harry Bernard, Damase Potvin, Albert Dreux, Albert Ferland, René Chopin, Gonzalve Desaulniers, Lionel Léveillé, Adélard Dugré et plusieurs autres.

 

Et sur le site Internet de l'ANEL, la section «Brève histoire du livre au Québec» introduit les visiteurs en ces mots: «Depuis longtemps, mais surtout depuis une vingtaine d'années, la culture québécoise existe à travers le monde, en particulier en France et dans les autres pays de la Francophonie.». Puis on nomme Robert Lepage, Louise Beaudoin, Luc Plamondon, Normand Chaurette, Denis Marleau, François Girard, Gilles Vigneault, Robert Charlebois, Richard Desjardins, Céline Dion, Le Cirque du Soleil, la compagnie de danse La La La Human Steps, Marie Chouinard, Wajdi Mouawad, la troupe de théâtre Carbone 14, la compagnie Jocelyne Montpetit Danse et les Violons du Roy. Puis, on souligne que le Québec fut l'invité d'honneur au Salon du livre de Paris en 1999. On enchaîne avec la participation d'éditeurs québécois à la Foire internationale de Francfort de 1998 et on termine avec le «Sommet sur la lecture et le livre» organisé par le gouvernement du Québec au printemps 1998. Cette «brève histoire du livre au Québec» est une véritable aberration.

 

Pouvez-vous réellement penser monsieur Folch-Ribas que le gouvernement du Québec, l'ANEL et l'UNEQ, devenus des affairistes industriels qui n'en ont rien à foutre de la littérature avant eux, vont vous laisser enseigner les poètes du Moyen Âge et de la Renaissance, Villon, Ronsard, Labé, Marot, Du Bellay, et les écrivains du XVIIe, Racine, Corneille, Molière et ceux des Lumières, et du Romanisme? Voyons donc. C'est gens-là ne sont même pas capables de remonter dans le temps jusqu'à Émile Nelligan, le poète national des Québécois.

 

 

Serge-André Guay, président éditeur

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

20 janvier 2008

 

 

Voir aussi

 

Dossier : Le débat au sujet de l'enseignement de la littérature au Québec

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