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Dernière modification : 13/01/15 à 13:55

6 février 2008

 

Le débat au sujet de l'enseignement de la littérature à l'école se poursuit

 

Pierre Cayouette du magazine L'actualité demande «qui sont les incultes?»

et Lysiane Gagnon du quotidien montréalais La Presse

parle de «l'inculture triomphante»

 

 

Prière de lire les textes mentionnés en titre et en lien ci-dessous

L'inculture triomphante, Lysiane Gagnon, La Presse, 5 février 2008.

Qui sont les incultes?, Le blogue de Pierre Cayouette, L'actualité, 5 février 2008.

 

 

Hier, deux textes sont apparus sur Internet au sujet de l'enseignement de la littérature à l'école, un débat ravivé par la publication d'une lettre d'opinion signée par Jacques Folch-Ribas sous le titre «Incultes et satisfaits (?)» dans l'édition du dimanche 20 janvier 2008 du quotidien La Presse. Nous avions répondu dans ce webzine à cette lettre d'opinion le jour même de sa publication par un texte intitulé: «Tout est affaire de commerce pour le gouvernement, l'UNEQ et l'ANEL».

 

Le débat se rapporte au fait que l'Union des Écrivaines et des Écrivains Québécois (UNEQ) et l'Association nationale des Éditeurs de livres (ANEL) demandent au gouvernement du Québec de mettre uniquement des livres d'auteur québécois au programme d'enseignement de la littérature dans les Collèges d'enseignement général et professionnel (CEGEP). Lysiane Gagnon du quotidien montréalais La Presse et Pierre Cayouette du magazine québécois L'actualité ont décidé de prendre position dans ce débat.

 

Lysiane Gagnon de La Presse écrit: «On comprend que les éditeurs et les écrivains veuillent vendre leurs livres, mais que le Ministère se fasse complice de ce corporatisme primaire est un véritable scandale.» (Source) Elle rejoint donc, en partie, notre propre prise de position: «Tout est affaire de commerce pour le gouvernement, l'UNEQ et l'ANEL». Si madame Gagnon voit un scandale dans la complicité du gouvernement du Québec avec l'UNEQ et l'ANEL, ce n'est pas notre cas. Il y a longtemps que la rumeur est confirmée: notre gouvernement est sous l'emprise de gestionnaires affairistes, toutes corporations confondues. Bref, ce qui importe, c'est l'argent et, dans ce cas précis, celle que générera la vente d'exemplaires de livres d'auteur québécois aux étudiants ainsi forcés de les acheter.

 

Pour sa part, Pierre Cayouette écrit: «Mais ne pas comprendre le monde des jeunes internautes, les regarder avec mépris, ignorer les rouages de Facebook, MySpace ou YouTube, c’est aussi se condamner à être «inculte et satisfait»…» (Source) Monsieur Cayouette se réfère à un texte de Paul Cauchon paru la veille dans le quotidien montréalais Le Devoir sous le titre «Médias - Grandir en ligne» traitant du documentaire américain Growing Up Online (on peut le visionner Internet) produit par PBS. Monsieur Cayouette écrit: «Dans Growing Up Online, justement, on rappelait que les enseignants doivent désormais modifier leurs approches pédagogiques. Ils ont devant eux des jeunes qui ont l’habitude d’être assis à l’ordi, avec cinq fenêtres ouvertes et engagés dans plusieurs conversations à la fois. Les plus vieux qui les traitent d’incultes étalent aussi leur propre manque de culture.» (Source) Notre réponse: Oui, l’Internet est le nouveau monde des jeunes. Et pour s’adapter à cette réalité, il faut que l’Internet littéraire québécois soit à la hauteur. Or, ce n’est pas le cas, comme le démontre notre étude L'Internet littéraire québécois, une vraie honte ! publiée l'été dernier.

 

Monsieur Cayouette pointe donc du doigt «les plus vieux qui, en traitant les jeunes d'incultes, «étalent aussi leur propre manque de culture». La Fondation littéraire Fleur de Lys a un bel exemple de cela dans la réaction de monsieur Pierre Aubry, directeur, région de Montréal, du ministère de la Culture et des Communications du Québec, qui justifiait en ces mots le refus de notre demande de subvention pour notre projet «Initiation à l'édition» : «les membres de votre équipe ne possèdent pas les compétences ni les expériences professionnelles suffisantes pour garantir la qualité du projet».

 

Nous avons protesté et ainsi obtenu une rencontre avec monsieur Aubry qui nous a dévoilé percevoir notre site d'édition en ligne comme un «You»Tube» du livre. Il croyait que nos auteurs mettaient eux-mêmes leurs manuscrits en ligne sur notre site, comme le font les internautes avec leurs vidéos sur le site «YouTube», ce qui impliquait à ses yeux que nous ne faisions aucun travail éditorial. «Inculte et satisfait» est ce grand patron du ministère québécois de la Culture et des Communications à Montréal. On trouvera le compte-rendu de cette rencontre sur cette page de notre site.

 

Quant à son employé, une agente de développement culturel, c'est nous qui lui avons expliqué en quoi consistait l'édition en ligne. On parle bien ici d'une agente de DÉVELOPPEMENT culturel et elle ne connaissait même pas l'édition en ligne qui donne naissance à tout nouveau monde du livre sur Internet. «Inculte et satisfaite» est cette agente de développement culture du ministère québécois de la Culture et des Communications à Montréal.

 

Le débat au sujet de l'enseignement de la littérature à l'école nous apprend que le ministère québécois de la Culture et des Communications n'est pas le seul à pouvoir être qualifié d'inculte et satisfait car c'est aussi le cas du ministère de l'éducation du Québec. Ce n'est pas parce que l'on subventionne la littérature et son enseignement que l'on est cultivé pour autant. Et puisqu'il s'agit des deux ministères les plus près de la littérature au sein du gouvernement du Québec, on peut imaginer aisément que la plupart des autres ministères sont tout aussi sinon encore plus incultes et satisfaits. Force de conclure que c'est tout le gouvernement du Québec qui est inculte et satisfait.

 

Enfin, il ne faut pas oublier que les politiciens et les fonctionnaires ne proviennent pas de la planète Mars. Ils sont recrutés au sein de la population. De ce fait il n'y a qu'un petit pas à franchir pour soutenir que la majorité de la population du Québec est inculte et satisfaite et que son gouvernement en est le simple reflet.

 

Le constat n'est pas facile à avaler mais il rejoint une rumeur qui circule en coulisses depuis plusieurs années déjà au Québec à savoir que «la culture fout le camp». On s'en est aperçu à la lumière des analyses de la fameuse Révolution tranquille qui a mis fin aux études classiques qui prévalaient dans les années 50, une instruction réservée à une élite. La Révolution tranquille des années 60 a permis de démocratiser l'accès à l'instruction, c'est bien, même très bien. Mais pourquoi fallait-il laisser derrière l'essence même de l'instruction, son contenu, qui n'était ni plus ni moins que les meilleures connaissances de base éprouvées par l'Homme depuis plus de 2000 ans à travers différentes civilisations. Les révolutionnaires québécois, ces politiciens qui venaient de ravir le pouvoir, auraient pu poursuivre l'adaptation de ces connaissances, en reconnaître la valeur ultime, mais non, ils ont tout jeté par dessus bord pour tout recommencer à zéro. C'est comme s'ils avaient affirmé : «Au Diable la sagesse accumulée par l'Homme, on repart sur de nouvelles bases. Seul aujourd'hui nous importe.»

 

Il n'est donc pas étonnant que les enfants de cette révolution ne soient pas capables de remonter dans le temps plus loin que les années 60, comme nous l'avons constaté en matière de littérature sur les sites Internet du gouvernement du Québec, de l'Association nationale des éditeurs de livres et plusieurs autres. Aujourd'hui, on cherche la logique en vain et, pour cause, puisque les leçons de logique sont disparues de la carte au cours des années 60 avec la Révolution tranquille.

 

 

Serge-André Guay, président éditeur

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

 

6 février 2008

 

 

 

Voir aussi

 

Dossier : Le débat au sujet de l'enseignement de la littérature au Québec

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