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Dernière modification : 13/01/15 à 13:54

18 février 2008

 

Le débat au sujet de l'enseignement de la littérature au Québec

 

Jean-François Nadeau du quotidien montréalais Le Devoir fait preuve d'insouciance en manquant de rigueur

 

 

 

Jean-François Nadeau s'attaque à ses collègues

 

Dans sa chronique «En aparté» de l'édition du samedi 16 et du dimanche 17 février 2008 du quotidien montréalais Le Devoir, Jean-François Nadeau, directeur des pages culturelles, donne son avis au sujet du débat concernant l'enseignement de la littérature dans les collèges québécois. Monsieur Nadeau coiffe son propos du sous-titre «Du travail bâclé». Or, c'est exactement ce qui vient à l'esprit à la lecture de cette chronique de monsieur Nadeau.

 

Le Devoir, En aparté - Le Canada, Félix, les ours et la littérature

Voir sous-titre «Du travail bâclé»

 

 

Erreur dans le titre

 

Dans la deuxième phrase de son texte, le directeur des pages culturelles du quotidien Le Devoir, se réfère au blogue du chroniqueur du quotidien Le Monde en se trompant de titre. Il parle de «La République des idées» alors qu'il s'agit plutôt de «La république des livres». Monsieur Nadeau pourra toujours plaider pour une simple erreur ou une distraction malheureuse mais lorsqu'on accuse les autres de bâcler leur travail, on ne peut pas se permettre une telle méprise. Dans le domaine des références à l'Internet, tout journaliste se doit de porter une attention toute spéciale aux références qu'ils donnent car l'erreur conduit rarement nul part. Le site «La République des idées» existe mais n'a rien à voir avec monsieur Assouline du quotidien Le monde. De toute évidence, Jean-François Nadeau ne s'est pas relu attentivement.

 

 

L'art de noyer de le poisson

 

Monsieur Nadeau accuse Pierre Assouline du quotidien français Le Monde, Lysiane Gagnon et Jacques Folch-Ribas, tous les deux du quotidien montréalais La Presse, ne pas avoir vérifié à la source leurs informations, notamment le sondage au sujet de l'enseignement de la littérature dans les collèges québécois. Monsieur Nadeau soutient que ce sondage n'était en fait qu'un «simple questionnaire» alors que la personne responsable qu'il a lui-même interviewée et cite parle bel et bien d'un sondage, un «sondage interne». En réduisant ce «sondage interne» à un «simple questionnaire», Jean-François Nadeau cherche à noyer le poisson.

 

 

Ne jamais sous-estimer un sous-comité

 

Il poursuit dans le même sens en indiquant que ce «simple questionnaire» est celui d'un «sous-comité des enseignantes et enseignants de français». Jean-François Nadeau accuse donc Lysiane Gagnon et Jacques Folch-Ribas de se référer à un «haut lieu» du ministère de l'Éducation. De toute évidence, il faut mal connaître l'appareil gouvernemental pour minimiser ainsi l'importance et le pouvoir d'un sous-comité, quelqu'il soit. Il est question ici des fonctionnaires et nous savons tous que le pouvoir des fonctionnaires, du premier au dernier barreau de l'échelle, va aussi loin que de pouvoir tenir leur patron ultime, le ministre lui-même, dans l'ignorance complète d'un dossier. On ne le répétera jamais assez, ce sont les fonctionnaires qui mènent; les ministres ne font que passer. Alors quand un sous-comité des enseignantes et enseignants de français se penche sur un sujet et se donne la peine de s'enquérir de l'opinion de leurs pairs, il ne faut pas sous-estimer son importance et son pouvoir. Quiconque connaît un tant soit peu le milieu gouvernemental sait que la justification d'une proposition au ministre mettra l'emphase sur la solidarité et surtout l'unanimité des fonctionnaires de son ministère, à savoir que les comités et les sous-comités ont consulté la base et de son mis d'accord pour ceci ou pour cela, ce qui place alors le ministre dans une position très délicate face aux fonctionnaires de son ministère. Jean-François Nadeau peut en douter autant qu'il le veut mais cela ne changera en rien la réalité sur le terrain.

 

Et ce sous-comité des enseignantes et enseignants de français s'est donné toute la crédibilité utile à des recommandation en haut lieu en rencontrant l'Union des Écrivaines et des Écrivains québécois (UNEQ) et l'Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) puisque ces deux organisations exercent une très grande influence sur la politique de la lecture et du livre du ministère de la Culture du Québec.

 

L'UNEQ n'est pas une simple association d'écrivains. «L’UNEQ a été reconnue, en 1990, comme l’association la plus représentative des artistes du domaine de la littérature, en vertu de la Loi sur le statut professionnel des artistes en arts visuels, des métiers d’art et de la littérature et sur leurs contrats avec les diffuseurs (L.R.Q., chapitre S-32.01). L’UNEQ a aussi été accréditée, en 1996, par le Tribunal canadien des relations professionnelles artistes-producteurs pour négocier, de façon exclusive, avec les producteurs relevant de la compétence fédérale, afin de conclure des accords-cadres qui définissent les conditions d’embauche des travailleurs professionnels autonomes du secteur littéraire.» [ Source ] Bref, l'UNEQ est un syndicat d'écrivains très puissant et le seul légitimé par la loi. Cette organisation est bien au fait de son pouvoir lorsqu'elle rencontre un sous-comité des enseignantes et enseignants de français. Quand ce sous-comité écrira dans son rapport «nous avons rencontré l'UNEQ et l'ANEL» ou «sous la recommandation de l'UNEQ et de l'ANEL», il s'assurera d'une grande écoute en haut lieu. Aussi, l'UNEQ et l'ANEL ne se prêtent pas à telles rencontres pour le simple plaisir. Ces deux organisations ont un mandat très clair: promouvoir le livre québécois.

 

Contrairement à ce que prétend le journaliste Jean-François Nadeau, les mesures gouvernementales prennent bel et bien racine dans les sous-comités. Et quand un sous-comité se donne la peine de consulter les milieux concernés, il a dépassé le stade de la simple discussion de cuisine.

 

Enfin, il ne faut pas être dupe, on sait fort bien qu'est-ce qui se passe dans les sous-comités en haut lieu car ces derniers naissent souvent sous leurs directives.

 

 

Il faut toujours contre vérifier les négations

 

Monsieur Nadeau a aussi interrogé la vice-présidente de l'Union des Écrivaines et des Écrivains québécois (UNEQ) et le président de l'Association nationale des éditeurs de livres (ANEL). Le journaliste rapporte à ses lecteurs que ces deux personnages clés de la chaîne québécoise du livre nient toute formulation d'une hypothèse ou d'une suggestion visant à exclure complètement la littérature française des cours de niveau collégial.

 

Or, tout ce débat au sujet de l'enseignement de la littérature tourne autours de la onzième question du sondage mené par le sous-comité des enseignantes et enseignants de français. Ce dernier a formulé en ces mots cette question de son sondage interne:

 

11: «Une hypothèse émise l'an dernier par l'ANEL (Association nationale des éditeurs de livres) et par l'UNEQ (Union nationale des écrivains québécois) était d'exclure complètement la littérature française des cours de niveau collégial en créant trois cours de littérature québécoise. Que pensez-vous de cette hypothèse?»

 

C'est le sous-comité qui soutient que l'hypothèse «d'exclure complètement la littérature française des cours de niveau collégial» a été émise par l'UNEQ et l'ANEL. Jean-François Nadeau écrit que ces deux organisations lui ont dit le contraire. Cela revient à affirmer que le sous-comité a menti dans son sondage. Monsieur Nadeau nous informe qu'il a aussi interrogé la responsable de ce sondage, Marie Gagné. Pourquoi monsieur Nadeau ne l'a-t-il pas questionnée sur le fait que l'UNEQ et l'ANEL nient être à l'origine de l'hypothèse? A-t-il interrogé cette responsable avant les représentants de l'UNEQ et l'ANEL et, si oui, pourquoi n'a-t-il pas interrogé une seconde fois la responsable du comité, comme tout journaliste le moindrement consciencieux l'aurait fait devant cette contradiction?

 

 

Information incomplète

 

Et pourquoi monsieur Nadeau n'a-t-il pas publié le texte de cette onzième question qui soulève un débat jusqu'en France? Après tout, il s'agit du premier texte publié par Le Devoir sur le sujet et, dans ce cas, le chroniqueur a l'obligation de transmettre l'information de base à ses lecteurs avant de donner son opinion. On ne plonge pas ses lecteurs en plein coeur d'un débat sans tout d'abord les informer adéquatement si l'on veut qu'ils apprécient son aparté à sa juste valeur. Ce n'est pas la première fois que Le Devoir prend pour acquis que ses propres lecteurs sont déjà informés du sujet qu'il traite, comme si ce quotidien n'était qu'un simple complément d'information des autres médias. On se souviendra que Le Devoir n'annonce pas certains spectacles pour ensuite surprendre ses lecteurs une critique [ Voir ]. Dans ce cas, il informe ses lecteurs après le fait. Il faut seulement que le lecteur du quotidien Le Devoir consultent d'autres médias pour être informé de tous les spectacles à venir. Autrement dit, Le Devoir est souvent un journal incomplet parce que ses journalistes sautent dans le train à la toute dernière minute pour se retrouver dans le dernier wagon.

 

 

Travail bâclé

 

Force est de conclure que Jean-François Nadeau, directeur des pages culturelles du quotidien Le Devoir, un haut lieu de l'information québécoise, a bâclé son travail. Monsieur Nadeau est ni plus ni moins que l'arroseur arrosé dans cette affaire.

 

 

* * *

 

 

Note: En date du 18 février 2006, 00h.53, le billet de Pierre Assouline du quotidien Le Monde a suscité 236 commentaires et la chronique de Jean-François Nadeau du quotidien Le Devoir a donné lieu à 6 commentaires.

 

Note : Dans sa chronique, Jean-François Nadeau nomme toutes les personnes auxquelles il se réfère sauf une, la vice-présidente de l'UNEQ. Habituellement, lorsqu'on nomme chaque personne en cause, on n'oublie personne.

 

 

 

 

Serge-André Guay, président éditeur

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

 

18 février 2008

 

 

 

Voir aussi

 

Dossier : Le débat au sujet de l'enseignement de la littérature au Québec

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