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19 février 2008
Le débat au sujet de l'enseignement de la
littérature au Québec
Francine Allard, écrivaine et chroniqueuse au
Matinternet marque son désaccord en annonçant qu'elle ne renouvelle pas
sa carte de membre de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois
C'est sous le
titre «Littérature québécoise au cégep!» que l'écrivaine Francine Allard
signe sa chronique du 20 janvier 2008 dans le Matinternet, le premier
quotidien sur Internet au Québec, et dans laquelle elle répond à la
lettre ouverte de Jacques Folch-Ribas (Incultes et satisfaits (?))
publiée dans le quotidien La Presse.
Littérature québécoise au cégep!, Francine Allard, Le Matinternet, 20
janvier 2008
Pour
l'essentiel, Francine Allard se dit en désaccord avec l'idée que seule
la littérature québécoise soit au programme des collèges québécois. Elle
conclut sa chronique en ces mots: «Il faut
continuer à offrir à nos étudiants des œuvres d'auteurs français,
brésiliens, indiens, chinois et… québécois. Ensemble, ils aideront à
former de meilleurs écrivains avec une vision élargie de notre monde.» [
Source ]
L'écrivaine Francine Allard, membre de
l'Union des écrivaines et des écrivains québécois, est également en
parfait désaccord avec l'attitude de la vice-présidente de l'Union des
écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ), Danièle Simpson. Jeudi
dernier, madame Simpson a nié toute implication de son organisation dans
la proposition d'enseigner uniquement la littérature québécoise dans les
collèges québécois, et ce, en publiant un commentaire sur le blogue de
Pierre Assouline, chroniqueur littéraire au quotidien Le Monde: «L’UNEQ
(l’Union des écrivaines et des écrivains québécois) n’a jamais proposé
d’éliminer la littérature française des études collégiales.» [
Source ] Et en fin de semaine dernière, Jean-François Nadeau,
directeur des pages culturelles du quotidien montréalais Le Devoir a
fait écho à cette position de l’UNEQ. [
Lire l'article / Voir sous-titre «Du travail bâclé» ]
Or, malgré cette négation, une vérité de
fait demeure: le sondage réalisé par le Comité des enseignantes
et enseignants de français au collégial (CEGEP)
implique bel et bien l'UNEQ dans cette affaire (le caractère gras a été
ajouté pour attirer votre attention):
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11: «Une hypothèse émise l'an
dernier par l'ANEL (Association nationale des éditeurs de livres)
et par l'UNEQ (Union nationale des écrivains québécois) était d'exclure
complètement la littérature française des cours de niveau collégial en
créant trois cours de littérature québécoise. Que pensez-vous de cette
hypothèse?»
Source : Comité des enseignantes et
enseignants de français, Collèges d'enseignement général et
professionnel (CEGEP), Québec. |
Pour la vice-présidente de l'UNEQ, Danièle
Simpson, le Comité des enseignantes et enseignants de français
au collégial «a, de toute évidence, mal compris la position de l’UNEQ».
[
Source ] Que l’UNEQ soutienne avoir été mal interprétée voire
mal citée ou nie tout du revers de la main n’est pas sans rappeler les
attitudes des politiciens embarrassés par une vérité de fait, à moins
que le Comité des enseignantes et enseignants de français au collégial
nous confirme soit que la question ne fut jamais posée, soit que l'UNEQ
a raison de les accuser de mal saisir leur position.
Pour l'écrivain Francine Allard, membre de
l'UNEQ, cette attitude de l'Union des écrivaines et des écrivains
québécois dans ce débat est la goutte qui fait déborder le vase; elle ne
renouvellera pas sa carte de membre.
L'écrivaine Francine Allard profite du fait
que le sujet inclut à la fois la littérature québécoise et française
pour cerner un problème qu'elle juge d'une importance capitale (le
caractère gras a été ajouté pour attirer votre attention):
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Déjà que la culture
littéraire des jeunes gens est déficiente, voilà qu'ils
devront étudier les auteurs québécois uniquement.
Je suis abonnée à des revues littéraires françaises. Sous la
rubrique LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE, il n'y a jamais d'écrivains
québécois.
Pour acheter des romans québécois en France, il faut se
rendre à la Librairie du Québec à Paris. Pour se procurer
des romans français au Québec, on n'a qu'à entrer chez
Renaud-Bray, Archambault, les librairies de l'aéroport, et
même Wal-Mart.
Nos journaux nous parlent abondamment des romans publiés
chez Gallimard, Albin Michel, L'Olivier, Fayard et al. En
littérature pour la jeunesse, La Presse ne nous entretient
QUE de littérature française.
Il est là le problème.
Il faut échanger avec la France. Exiger que s'ils veulent de
la promotion au Québec, encore faut-il qu'ils fassent la
promotion de notre littérature. À la radio de Radio-Canada,
les animateurs Christiane Charrette et Joël Le Bigot sont
immensément complaisants envers la littérature française.
On n'entend que les auteurs français s'épanouir devant les
couinements des animateurs d'ici.
Il faut agir. Qu'il y ait un ministre de la promotion
culturelle à l'étranger.
Source |
Madame Allard a formulé plusieurs proposition en ce sens à l'UNEQ
(le caractère gras a été ajouté pour attirer votre attention):
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Lettre du 28 février 2008 à l’UNEQ
par Francine Allard [francineallard@videotron.qc.ca]
le 28 janvier 2008
(...)
J’ai moult fois proposé à l’UNEQ d’embaucher
un directeur artistique qui arpentera le Québec à la
recherche de tous ces excellents lecteurs de poésie, voyant
toutes les lectures publiques, tous les spectacles-concepts
littéraires. J’ai suggéré à l’UNEQ une table de concertation
sur les méthodes éditoriales québécoises. Que l’on discute
tous ensemble des problèmes rencontrés que ce soit à la
publication, à la diffusion ou à la vente de nos livres.
J’ai suggéré à l’UNEQ que les écrivains participent à tous
les quiz et toutes les émissions qui pourraient offrir une
vitrine aux écrivains lors de la semaine de la littérature.
Jamais personne ne s’est préoccupé de mes propositions.
J’ai suggéré que le gouvernement nomme un ombudsman pour les
écrivains.
Que l’on ne vienne pas ensuite brailler que nos livres ne se
vendent pas. Il faut se promouvoir, se faire connaître, se
distinguer, et cesser de se plaindre en accusant les
lecteurs de nous ignorer.
Source |
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Moyens pratiques pour la promotion des
écrivains à l’usage de l’UNEQ
par Francine Allard [francineallard@videotron.qc.ca]
le 17 février 2008
Il y a mille façons de faire connaître nos oeuvres dans tous
les pays francophones. Toutefois, il ne faut pas croire que
si nos écrivains d’ici sont presque tous de parfaits
inconnus, il leur sera plus facile d’être connus en Europe!
Et ce n’est pas en insultant les journalistes français que
nos relations économiques seront améliorées.
Il faut promouvoir notre littérature.
Il faut diversifier les participants aux soirées de poésie,
offrir des mises en lecture à divers écrivains (pas toujours
les mêmes), varier le genre de temps à autre.
Voici quelques propositions faites à l’UNEQ pour
lesquelles je n’ai reçu aucune réponse ni même de réaction.
1) Offrir aux recherchistes des émissions interactives et
des quiz une liste d’écrivains qui pourraient littéralement
envahir les réseaux lors de la semaine de la littérature, de
la journée mondiale du livre.
2) Organiser un concours pour connaître les municipalités
qui donnent à des rues le nom d’écrivains. Grande ville,
moyenne et petite. Gala au cours duquel on remettra des
prix.
3) Proposer une table de concertation sur les méthodes
éditoriales au Québec; table autour de laquelle tous les
intervenants pourront se parler franchement.
4) Demander au Ministère de la Culture de nommer un
ombusdman pour les écrivains à qui ils pourront confier
leurs histoires d’horreur sans craindre de ne plus être
publiés.
5) Identifier les éditeurs qui font partie de l’UNEQ et leur
donner un statut particulier. Même chose pour les directeurs
littéraires.
6) Faire davantage la promotion de la bourse Yves Thériault.
7) Nommer un agent de promotion qui verra à identifier les
écrivains qui ont des talents particuliers pour la lecture,
la musique et la chorégraphie (à part D. Kimm)
8) Trouver un moyen de remplacer les visites des écrivains
dans les bibliothèques, visites qui n’attirent parfois que
deux ou trois abonnés. Plus de sévérité. Sus aux menteries
quant à la fréquentation!
9) Suivre les expositions des musées principaux et offrir
des titres de livres concernant les dites expositions pour
éviter que les boutiques des Musées ne vendent que des
oeuvres publiées en Europe ou traduites (cf: Musée de la
Civilisation du Québec).
10) Participer à la guignolée de Radio-Canada en offrant des
livres et en demandant un temps d’antenne.
Vos idées elles?
Source |
L'absence de réponse répétée de l'UNEQ est inadmissible d'autant plus qu'il
s'agit de l'un de ses membres. On comprendra pourquoi il s'agit-là de l'un
des fondements de la décision de l'écrivaine Francine Allard de ne pas
renouveler sa carte de membre de l'UNEQ.
Ce débat au sujet de l'enseignement de la littérature dans les collèges
québécois nous révèle de plus en plus la face cachée du milieu littéraire
québécois.
* * *
Note : L'écrivaine Francine Allard est l'une des premières écrivaines
professionnelles à avoir appuyé la Fondation littéraire Fleur de Lys.
[
Voir lettre d'appui ]
Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys
19 février 2008
Voir aussi
Dossier : Le débat au sujet de
l'enseignement de la littérature au Québec
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