Plusieurs médias ont un tel système de traitement de
l'information émise par leur auditoire. Monsieur Pineau a souligné que si le
quotidien montréalais La Presse avait eu un tel système d'échange avec ses
lecteurs lors de l'effondrement de la structure du nouveau centre d'entraînement
du Canadien le 25 février dernier (voir),
on aurait sans doute eu des photographies des travailleurs et des passants pour
alimenter la nouvelle avant même que le photographe du journal arrive sur les
lieux.
Selon monsieur Pineau, les pionniers de ce système
d'utilisateurs générateurs de contenus sont sans doute les coréens qui ont lancé
en l'an 2000 un site Internet alimenté à 80% par des coréens qui ne sont pas des
journalistes mais qui sont souvent témoins directs d'un événement. Le site se
nomme Oh! my news. Ce
qui est intéressant, c'est qu'une rémunération est rattaché aux meilleures
contribution. On permet aussi aux lecteurs de verser un pourboire à l'auteur
d'un texte qu'ils ont trouvé intéressant. Monsieur Pineau a rapporté qu'un
auteur d'une critique du gouvernement coréen a reçu pas moins de 30,000$ en
pourboires des autres lecteurs.
La publication des contributions des simples citoyens est
devenue pratique courante dans plusieurs médias, y compris CNN avec le site
iReport qui se vante
d'avoir plus de 80,500 «iReporters» à travers le monde.
Notre commentaire
La conférence de monsieur Pineau était intéressante mais
elle nous rappelle qu'il se fait encore très peu de choses au Québec en faveur
des utilisateurs générateurs de contenus. Il faut mentionner que ces derniers
contribuent à la démocratisation des médias et à une meilleure réponse des
besoins en informations au sein des populations. Pour accepter la contribution
de ses lecteurs et de ses téléspectateurs, il faut savoir se remettre en
question, accepter que le témoin d'un événement est souvent mieux placé pour en
parler qu'un journaliste qui ne l'a pas vécu ou qui n'a rien vu. C'est le
journalisme citoyen. Malheureusement, ce nouveau type de journalisme n'a pas
encore réellement pris son envol au Québec alors qu'ailleurs dans le monde on
s'y ouvre de plus en plus.