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L'avenir des médias imprimés
Perspectives et enjeux d'un monde en mutation
La Fondation littéraire Fleur de Lys était là pour vous!
Conférences Infopresse
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L'avenir des médias imprimés
Perspectives et enjeux d'un monde en mutation
12 mars 2008 - Montréal
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«Les rôles des médias imprimés se
transforment, notamment avec le développement des médias numériques et
l'essor de la gratuité. Comment les médias imprimés abordent-ils cette
mutation et quelle sera leur place parmi les nouveaux médias? Quelles
sont les meilleures façons de mettre de l'avant la pertinence de leur
contenu, intéresser et fidéliser leur public? Comment doivent-ils se
positionner face aux annonceurs pour faire ressortir leur crédibilité et
la valeur de leur lectorat?
L’impact de ces bouleversements pour
l’ensemble de l’industrie implique une nécessaire anticipation des
enjeux stratégiques. Plusieurs professionnels de la communication
imprimée débattront de l'avenir du support papier et des nouvelles
possibilités de marché.»
Lire la suite de la présentation des conférences sur le site Infopresse |
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(Photo ci-dessus à
gauche) Le groupe de presse montréalais Les Éditions Infopresse a fait salle
comble avec sa journée conférences sous le thème «L'avenir des médias imprimés -
Perspectives et enjeux d'un monde en mutation» le 12 mars dernier. (Photo
ci-dessus à droite) L'heure du dîner a été animée par des discussions très
intéressantes au sujet des premières conférences et de la table ronde dont le
compte rendu est publié ci-dessous.
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* *
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9h00
Conférence
Médias imprimés ou en ligne:
assurez-vous d'engager vos lecteurs
La conférencière
Sara Quinn enseigne le
journalisme visuel au Poynter Institute. Auparavant, elle était
éditrice adjointe pour le Sarasota Herald-Tribune, un journal
aux éditions multiples qui exploite une chaîne de télévision
câblée 24 heures sur 24.
Elle a œuvré à titre d’éditrice, directrice du design et
illustratrice pour différentes publications (journaux, magazines
et livres). Son récent travail a conduit Sara Quinn dans les
rédactions de différents journaux: Toronto Star, Portland
Oreganian, Atlanta Journal-Constitution, Miami Herald, Columbus
Dispatch et Orlando Sentinel. Elle a fait partie du conseil de
la Society for News Design et de l’American Institute of Graphic
Arts.
Actuellement, elle dirige le programme d’été du Poynter
Institute pour les nouveaux diplômés. Cette session de six
semaines, centrée sur le multimédia, est considérée comme un
programme de perfectionnement final pour les jeunes journalistes
les plus brillants et les plus novateurs dans l’industrie. Sara
Quinn possède un baccalauréat en journalisme et design graphique
de l’Université Wichita State et une maîtrise en illustration de
l’Université de Syracuse.
* * *
Présentation de la conférence
Vos lecteurs évoluent dans
un paysage médiatique saturé. Leur attention est sollicitée de
partout. Est-ce un mythe ou une réalité de croire que les
lecteurs ont un niveau d’attention très court dans ce contexte?
Poynter Institute se penche sur la question avec l’étude
Eyetracking the news, qui compare les habitudes de lecture pour
des publications de différents formats papier et en ligne.
Grands titres, brèves, graphiques, photos, blogues, publicité,
etc. Quels éléments retiennent l’attention des lecteurs? Quelles
sont les combinaisons gagnantes pour retenir leur attention?
Sara Quinn, qui dirige cette étude, présentera l’ensemble des
résultats d’Eyetrack07. Par cette recherche, vous découvrirez de
nombreuses pistes de solutions afin de créer un design
d’information pertinent et, ainsi, assurer un plus grand
engagement du lectorat.
Diapositives de la conférence
PDF de l'étude Eye tracking the news
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Notre résumé
Sara Quinn,
Directrice de l'étude «Eye
tracking the news» du
Poynter
Institute
a animé la première conférence de la journée, de loin la plus captivante
au programme. Cette étude du mouvement des yeux face à la presse écrite
et à l'Internet a été au coeur de la conférence.
On parvient à traquer le mouvement
des yeux parcourant une page d'un quotidien ou d'un site Internet à
l'aide d'une lunette spéciale portée par les lecteurs. Cet appareil
enregistre tout ce que l'oeil regarde, son parcours, ses points d'arrêt,
le tout chronométré.
[ Source
]
Ce type de tests de mouvement des
yeux n'est pas nouveau. Louis Cheskin, pionnier des études de motivation
d'achat des consommateurs, exécutait de pareils tests sur des emballages
et des publicités de produits dans les années cinquante. Je parle
abondamment du sujet dans mon livre «Comment motiver les consommateurs à
l'achat» dont la version numérique est offerte gratuitement sur ce site
(cliquez
ici).
Lors d'un test
de mouvement des yeux, on apprend
essentiellement trois choses:
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1. |
Qu'est-ce qui attire
l'attention? |
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2. |
Qu'est-ce qui retient
l'attention? |
|
3. |
Quel
est le pourvoir de communiquer de ce
qui retient l'attention? |
Une grosse surprise : un texte
qui a retenu l'attention sur Internet est davantage lu
que le texte qui a retenu
l'attention dans un quotidien, grand format et tabloïd
Les chercheurs du
Poynter Institute ont fait
une découverte importante lors de l'édition 2007 de leur étude du mouvement des
yeux des quotidiens, format et tabloïd, et des sites Internet:
les gens lisent beaucoup plus que le laisse entendre le mythe à l'effet que les
gens feuillettent ou naviguent et lisent peu leurs médias papier ou en ligne. Et
plus surprenant encore, on lit davantage les textes sur Internet qui ont retenu
l'attention que les textes des quotidiens papier.

(Source)
En moyenne, les gens ont lu 77% des textes publiés en
ligne qui ont retenu leur attention, comparativement à 62% pour les quotidiens
grand format et à 57% pour les quotidiens de format tabloïd. Autrement, on lit
davantage un texte qui attire notre attention sur Internet que le texte qui
attire notre attention dans un quotidien. Il faut dire qu'il y a moins
d'éléments qui distraient l'oeil sur une page Internet où le texte occupe toute
la page que dans un quotidien où l'on retrouve plusieurs articles sur une même
page.
Une autre surprise d'envergure:
le texte en ligne sur Internet est davantage lu
peu importe le style du lecteur
contrairement au texte publié dans un quotidien
Les chercheurs se sont intéressés ensuite au style de
lecture en formant deux catégories de lecteurs: les lecteurs méthodiques et les
lecteurs «scanner» (scanning reader).
Le méthodique lit le texte de haut en bas sans trop
balayer la page. Et il lira l'article en entier même si ce dernier se trouve sur
deux pages. Il va aussi relire certains passages ou éléments accompagnateurs de
l'article (citations encadrées, graphiques, légendes des photographies,...). Sur
Internet, le méthodique utile les menus et les barres de navigation pour
localiser un texte et ensuite il ira lire ce dernier.
Le lecteur «scanner» se promène sur la page balayant les
grand titres et les autres éléments en présentation. Il lit une partie du texte
puis saute sur les photographies ou autres éléments sans revenir à la même place
dans le texte. Sur Internet, le lecteur «scanner» regarde un peu partout dans la
page web pour choisir un texte et ensuite le lire.
L'étude révèle que 75% des lecteurs de quotidiens
imprimés sont méthodiques dans leur lecture. Sur Internet, 50% sont méthodiques
et 50% sont du type «scanner».
La conférencière a attiré notre attention sur les types
de lecture en proportion de la quantité de texte lu dans un article.

(Source)
Notez bien, on ne parle pas ici du pourcentage des
textes lus parmi l'ensemble des textes publiés dans l'édition d'un quotidien ou
d'un site Internet mais du pourcentage d'un texte lu, par exemple: «l'article
est lu à 77%.
Le pourcentage d'un texte lu sur Internet s'élève à 77%
et varie peu en fonction du type de lecture: méthodique (78%); «scanner» (77%).
Cependant, le lecteur méthodique lit une plus grande proportion du texte que le
lecteur de type «scanner», 65% dans le cas d'un grand format et 66% dans le cas
d'un tabloïd. C'est le pourcentage de lecture d'un texte du lecteur de type
«scanner» de tabloïd qui est le moins élevé, seulement 45%.
Le lecteur
se souvient davantage d'un texte dont la structure et la mise en page ne sont
pas traditionnelles, par exemple, livré avec une série de Questions & Réponses,
une chronologie des événements, des encadrés présentant des faits ou des listes
On pourrait croire
facilement le contraire parce que plus il y a d'éléments dans la structure et la
mise en page d'un texte, plus il y a de chances d'être distrait et de retenir
peu l'histoire. Mais l'étude des chercheurs du Poynter Institute démontre le
contraire, autant pour les sites Internet que pour les quotidiens. C'est la
conclusion qu'ils tirent d'un exercice où le lecteur est soumis à trois formes
différentes d'un même texte, sur papier et sur Internet, et à un questionnaire
au sujet du texte après sa lecture. Le lecteur a plus de mémoire du texte
lorsque sa structure et sa mise en page ne sont pas traditionnelles, par
exemple, livré avec des graphiques, une série de Questions & Réponses, une
chronologie des événements, des encadrés présentant des faits ou des listes,...,
ce que les chercheurs nomment «No traditional narrative» (structure et mise en
page éclatées).
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Versions papier (quotidien grand
format) de ces trois formes
de structures et de mise en page
du texte soumises au test

Cliquez pour agrandir l'image
(Source)
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Versions Internet de ces trois
formes de structures
et de mise en page du texte
soumises au test
|
(Source)
La directrice de
l'étude,
Sara Quinn, a rapporté que la
forme éclatée (non traditionnelle) attirait davantage l'attention dans une
proportion de 15%. Et ce pourcentage augmente à 30% dans le cas d'un quotidien
grand format, sans doute que le grand espace disponible sur une page ou deux
permet alors une structure plus complète et une mise en page plus éclatée.
Les grandes photos retiennent
davantage l'attention

(Source)
Sur une possibilité
de 20 grandes photographies, l'oeil s'est arrêté sur 10 d'entre elles,
c'est-à-dire que 50% des grandes photographies ont été examinées. Et sur une
possibilité de 100 photographies de petites dimensions, l'oeil s'est arrêté sur
20 d'entre elles, c'est-à-dire que seulement 20% des photographies de petites
dimensions ont été vues avec attention. On le présumait depuis des années mais
cette étude vient mettre en place des données qui pourront être comparées au fil
des ans.
Dans les journaux, ce sont les grandes photographies
et le gros titres qui attirent d'abord l'attention

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Il en va de même dans
le cas des quotidiens : les grandes photographies et les gros titres attirent
dramatiquement beaucoup plus l'attention que leurs vis-à-vis de plus petites
dimensions.
Sur Internet, ce sont les éléments de directions qui
attirent d'abord l'attention
Sur Internet, la
situation est fort différente de celle des quotidiens car ce qui attire d'abord
l'attention ce sont les barres de navigation, les liens descriptifs («teasers»)
et les autres éléments de direction ou d'orientation. Autrement dit, sur
Internet, le lecteur est un chercheur.

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Trois autres résultats intéressants
Les photographies en couleur attirent plus l'attention
que les photographies en noir et blanc.

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Les photographies d'action montrant des vrais gens dans de vraies situations
attirent davantage l'attention que les photographies de studio

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Les photographies de marge («Mug shots») - ici encerclées -
attirent très peu l'attention

(Source)
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10h15
Conférence
Nouvelles plate-formes:
nouveaux défis, des initiatives
des quatre coins du globe
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Par
Yann Pineau
Nouvelles initiatives
La Presse |
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Le conférencier
Yann Pineau est responsable des nouvelles initiatives à la
rédaction de La Presse. Il conseille l’entreprise sur le
développement de nouveaux produits rédactionnels et sur
l’amélioration des méthodes de travail à la rédaction.
Il a été auparavant directeur de l’information de Cyberpresse et
responsable de la production à la rédaction de La Presse.
Il a commencé sa carrière comme reporter à La Presse. Il est
diplômé de l’École Supérieure de Journalisme de Lille et de
l’Université de Montréal.
* * *
Présentation de la conférence
Les médias imprimés s’interrogent sur leurs modèles d’affaires
afin d’intégrer de nouvelles offres à leurs portefeuilles de
produits. Les initiatives innovantes se multiplient aux quatre
coins de la planète.
Web, téléphone mobile, portails communautaires et participatifs,
journalisme citoyen, nouvelle organisation du travail des
journalistes, quels exemples se démarquent? Yann Pineau, qui
effectue une veille d’information mondiale, révélera les fruits
de ses recherches pour déceler les tendances émergentes et les
innovations les plus récentes.
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Notre résumé
Yann Pineau
parcourt le monde à la recherche d'informations au sujet des nouvelles
initiatives développées sur Internet avec une attention particulière aux projets
mis de l'avant par les groupes de presse, étant lui-même responsable des
nouvelles initiatives à la rédaction de La Presse.
Première observation, les salles de rédaction ont
beaucoup changé ces dernières années, non seulement de «look» mais aussi de
façon de travailler pour s'adapter à la nouvelles réalité du «user generated
content», en français, les «utilisateurs générateurs de contenus». Il s'agit de
gens qui, comme vous et moi, lecteurs et lectrices de journaux, sont souvent sur
les lieux d'une actualité avant même l'arrivée des journalistes, et qui
disposent de téléphones cellulaires, d'ordinateurs de poche,... et qui
témoignent des événements en prenant des photographies et en envoyant des
courriels à leurs familles, leurs amis et... aux médias.
Le défi des médias consiste à apprendre comment gérer ce
flux d'informations en provenance de leurs auditoires. Monsieur Pineau a donné en
exemple le groupe de presse
norvégien VG qui a mis en place un système original pour canaliser
l'information en provenance de ses lecteurs. Ce groupe de presse offre à ses
lecteurs un numéro de téléphone sans frais grâce auquel les lecteurs peuvent
transférer leurs photographies et témoignages. Ce numéro de téléphone devenu
aussi connu en Norvège que le 911 pour les urgences.
À l'origine de ce projet: les réactions des lecteurs
norvégiens en visite à Phuket en Thaïlande lors du tsunami le 26 décembre 2004.
La rédaction du journal VG s'est mise à recevoir des témoignages et des
photographies de lecteurs avant même que la nouvelle du tsunami soit transmise
par les agences de presse. Toutes ces communications par téléphones cellulaires
ou autres appareils portables, baptisées SMS (Short Message Service - Court
message textuel pouvant être émis et reçu depuis un téléphone portable), ont
permis à la salle de rédaction de saisir rapidement les besoins d'information
des lecteurs sur place en Thaïlande. C'est ainsi qu'on a vue apparaître des
pages signées par les lecteurs eux-mêmes sur le site du quotidien.
Voir cet
exemple.
Plusieurs médias ont un tel système de traitement de
l'information émise par leur auditoire. Monsieur Pineau a souligné que si le
quotidien montréalais La Presse avait eu un tel système d'échange avec ses
lecteurs lors de l'effondrement de la structure du nouveau centre d'entraînement
du Canadien le 25 février dernier (voir),
on aurait sans doute eu des photographies des travailleurs et des passants pour
alimenter la nouvelle avant même que le photographe du journal arrive sur les
lieux.
Selon monsieur Pineau, les pionniers de ce système
d'utilisateurs générateurs de contenus sont sans doute les coréens qui ont lancé
en l'an 2000 un site Internet alimenté à 80% par des coréens qui ne sont pas des
journalistes mais qui sont souvent témoins directs d'un événement. Le site se
nomme Oh! my news. Ce
qui est intéressant, c'est qu'une rémunération est rattaché aux meilleures
contribution. On permet aussi aux lecteurs de verser un pourboire à l'auteur
d'un texte qu'ils ont trouvé intéressant. Monsieur Pineau a rapporté qu'un
auteur d'une critique du gouvernement coréen a reçu pas moins de 30,000$ en
pourboires des autres lecteurs.
La publication des contributions des simples citoyens est
devenue pratique courante dans plusieurs médias, y compris CNN avec le site
iReport qui se vante
d'avoir plus de 80,500 «iReporters» à travers le monde.
Notre commentaire
La conférence de monsieur Pineau était intéressante mais
elle nous rappelle qu'il se fait encore très peu de choses au Québec en faveur
des utilisateurs générateurs de contenus. Il faut mentionner que ces derniers
contribuent à la démocratisation des médias et à une meilleure réponse des
besoins en informations au sein des populations. Pour accepter la contribution
de ses lecteurs et de ses téléspectateurs, il faut savoir se remettre en
question, accepter que le témoin d'un événement est souvent mieux placé pour en
parler qu'un journaliste qui ne l'a pas vécu ou qui n'a rien vu. C'est le
journalisme citoyen. Malheureusement, ce nouveau type de journalisme n'a pas
encore réellement pris son envol au Québec alors qu'ailleurs dans le monde on
s'y ouvre de plus en plus.
*
* *
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13h00
Conférence internationale
Papier électronique: une plate-forme
d’avenir?
Le
conférencier
Depuis 1982, Bruno Rives
s’intéresse au papier électronique. À cette époque, il
travaillait pour Apple afin de préparer le lancement de
Macintosh en Europe.
Après avoir créé et animé différentes structures autour des
systèmes d'information pour de grandes entreprises dans les
secteurs de la presse et des médias, il a œuvré à la conception
d’unités d’affaires liées aux nouveaux médias pour l’agence BBDO
ainsi que pour la filiale française de la firme californienne
CKS, agence interactive d'Apple, Nike, Sony, Clinique, Audi,
etc.
Son expertise dans les nouveaux médias l’a amené à créer
Tebaldo, un observatoire des tendances et utilisations des
nouvelles technologies. Sous l’enseigne de son observatoire, il
a mis sur pied les rencontres Tebaldo, qui portent sur les
stratégies et enjeux liés au papier électronique. L’observatoire
a comme objectif de comprendre l’environnement économique des
nouvelles technologies et des médias, et de saisir les modèles
d’affaires associés.
Bruno Rives est co-fondateur de
l’entreprise Ganaxa, designer et
opérateur e-paper qui accompagne les organisations dans
l’intégration du papier électronique à leurs stratégies. Il en
assure assure le conseil stratégique et la R&D.
Il est également l'auteur d'un ouvrage,
Aldo Manuzio, sur la
diffusion du savoir, à paraître en mars 2008. Bruno Rives a
récemment ouvert un bureau de représentation de ses activités à
Montréal.
* * *
Présentation de la conférence
Le papier électronique est une technologie dont on peut
maintenant parler au présent.
Dans un contexte où les coûts de distribution, d’impression et
d’approvisionnement subissent une forte pression à la hausse, de
nombreux groupes de presse européens, asiatiques et américains
lorgnent le papier électronique.
Le quotidien économique Les Échos en France, Amazon avec son
nouveau produit Kindle, la marque Citroën sont parmi les
pionniers qui ont su développer des modèles économiques pour
intégrer cette technologie.
Bruno Rives dressera un portrait complet de cette innovation à
l’ère des nouvelles plateformes médias. Quelles sont les
perspectives d’avenir de cette technologie? Qu’est-ce qu’elle
permet de faire exactement? Quel type de contenu est le plus
approprié pour cette plateforme? Quels modèles d’affaires
permettent d’intégrer cette plateforme à son offre? Comment le
papier électronique se distingue-t-il des autres technologies
mobiles? Quelles sont les possibilités pour les annonceurs sur
une plateforme papier électronique?
Diapositives de la conférence
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Bruno
Rives fait la démonstration d'un papier électronique. Cliquez sur l'image pour
agrandir.
© Infopresse 2008 Tous
droits réservés
Notre résumé
La conférence de
Bruno Rives au sujet du papier électronique, aussi dit «e-papier», a permis aux
néophytes de découvrir un tout nouvel univers auquel la Fondation littéraire
Fleur de Lys est déjà familière. Les intéressés sont invités à visiter notre
Petit dictionnaire de l'édition
électronique où se retrouve bon nombre des informations et des illustrations
présentées par monsieur Rives à son auditoire.
Ce que monsieur Rives
nous a appris, c'est que le papier électronique est désormais une affaire
industrielle asiatique, là où le papier fait défaut en raison d'une ressource
forestière limitée ou des coûts élevés. Monsieur Rives a donné l'exemple de la
Chine qui investit massivement dans cette industrie. Sur le site Internet du
gouvernement chinois, on peut lire que ce dernier invite les journaux à passer à
l'étape du papier électronique: «Journaux
encouragés à passer à une version électronique».
Et quand on parle de
papier électronique, il ne s'agit pas seulement de livre, loin de là. Il est
question de format aussi petit qu'une carte d'affaire ou aussi grande qu'une
affiche d'abribus. L'idée, c'est d'utiliser le papier électronique comme support
publicitaire dont on peut changer le contenu à distance. Dans le cas des
abribus, par exemple, monsieur Rives croit qu'il y a d'énormes économies à faire
car l'industrie publicitaire ne sera plus obligée de payer des gens pour changer
les affiches imprimées sur papier traditionnel puisque les messages des affiches
faites de papier électronique pourront être changés à distance par communication
cellulaire. Monsieur Rives parle d'une durée de vie de 1,000 ans.
Dans le petit format,
monsieur Rives a donné l'exemple des aimants publicitaires destinés au
réfrigérateur. Ici aussi, il est projeté de changer le message à distance, par
exemple, la recette du jour.

Sachiko Iino, une employée de Fujitsu tient entre ses doigts un prototype
de papier électronique
d'affichage flexible.
Source Photo AFP
Voir ce document
PDF de Fujitsu au sujet de son papier électronique
Autre
document PDF de Fujitsu au sujet de son papier électronique
Site Internet de Fujitsu consacré au papier électronique
Vidéo de présentation du e-book de Fujitsu

Fujitsu propose aussi des affiches de
48 pouces (4 pieds) faites de feuilles de papier électronique de 12 pouces.
Source

La compagnie japonaise
Seiko fait dans le plus petit avec ce bracelet
intégrant une horloge
faite de papier électronique.
Source
Interrogé à la fin de la conférence, monsieur Rive m'a confié qu'il croyait
davantage dans l'avenir du papier électronique comme support publicitaire
que dans le livre électronique (appareils
de lecture portable), également à base de papier électronique. C'est
sans doute pourquoi il en a peu parlé.
Notre commentaire
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La tournure
que semble prendre le développement des livres électroniques (appareils
de lecture) en décevra plusieurs.
En effet,
selon les dires de monsieur Rives, certains éditeurs envisagent mettre
en marché leurs propres appareils de lecture. Monsieur Rives a fait
allusion au groupe Hachette qui envisage offrir un livre électronique
avec des fonctions spécifiques adaptées aux livres de son catalogue.
On sait déjà
que le quotidien français Les Échos offre son propre appareil de lecture
portable.
Pis encore, il
s'avère que le livre électronique deviendra un support publicitaire à
l'instar du papier électronique lui-même. Le lecteur électronique du
quotidien Les Échos affiche le logo du journal (voir ci-contre). Les
Échos ont même offert un appareil de lecture avec le logo de Citroën, de
quoi distraire passablement le lecteur. |
Jusqu'ici, le livre a échappé à la publicité (quoique certains écrivains
furent accusés de placement de produits dans les textes de leurs livres,
choisissant une marque plutôt qu'une autre). Et il ne faudrait pas que cela
change, tant dans le support de lecture que le contenu. Ouvrir un livre
électronique pour voir apparaître à l'écran une publicité ne sera pas
apprécié.
De plus, s'il faut acheter plusieurs appareils de lecture différents en
raison de formats de fichiers de livres numériques spécifiques à tel ou tel
éditeur, encore telle ou telle librairie comme le cas du Kindel d'Amazon, je
crois que les lecteurs n'aimeront pas faire les frais d'une pareille guerre
de formats. Sans universalité, tant dans les formats que dans les appareils,
le livre électronique connaîtra un succès limité.
Il faut donc espérer qu'un livre électronique s'impose davantage que les
autres, à l'instar du iPod, par exemple.
Serge-André Guay, président
Fondation littéraire Fleur de Lys
Suivi de presse Internet
Agora Vox
Webzine Québec Politique
Blogue Courrier international
Blogue Voir.ca
Fédération
professionnel des journalistes du Québec
Bulletin d'information hebdomadaire, Semaine du 17 mars 2008, Item # 17
Article mis en ligne le 15 mars 2008
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