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L'INTERNET LITTÉRAIRE QUÉBÉCOIS |
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(Montréal, le 4 Juillet 2007) Voici ce que le gouvernement du Québec dit aux étrangers sur son Portail international au sujet de notre littérature :
© Gouvernement du Québec, 2007
C'est tout ! Seulement deux paragraphes. Notre gouvernement est à mille lieues du texte équivalent sur le site «Programmes d'information internationale» du Département d'État des États-Unis, qui compte pas moins de DIX CHAPITRES illustrés, un glossaire et une bibliographie :
http://usinfo.state.gov/products/pubs/oal/oaltoc.htm
Le Département d'état américain présente aussi une section en français intitulée «Le paysage multiculturel de la littérature contemporaine américaine»:
http://usinfo.state.gov/journals/itsv/0200/ijsf/ijsf0200.htm
Il ajoute une liste des sites clés traitant de la littérature américaine :
http://usinfo.state.gov/products/pubs/oal/amlitweb.htm
une liste d'éditeurs :
http://archive.museophile.sbu.ac.uk/publishers/
un lien vers le site du prix Pulitzer :
et un lien vers le site des agents littéraires américains :
http://www.writers.net/agents.php
Mais limitons notre comparaison à la présentation de la littérature américaine par le gouvernement des USA et celui du Québec qui nous fait passer pour des moins que rien avec ses deux paragraphes!
Dans sa présentation, le Département d'état américain remonte jusqu'en 1776 avec un premier chapitre intitulé Early American and Colonial Period to 1776. Celle du gouvernement du Québec soutient qu'«on ne voit apparaître les premiers écrits québécois» que «vers la moitié du 19esiècle», comme si aucun Québécois n'avait su écrire de 1534 à 1850. Quelle aberration de la part de notre gouvernement! Car «on sait par Bougainville qu'un cercle littéraire existait à Québec en 1757». C'est du moins ce qu'on peut lire sur le site internet du collège anglophone montréalais Marianopolis qui offre sur son site internet l'intégral du «Manuel d'histoire de la Littérature canadienne de langue française» de Mgr Camille ROY publié en 1939. Le collège présente sur son site la vingt-et-unième édition de ce livre, datant de 1962. Et le collège se donne même la peine de préciser que «le Manuel de Camille Roy ne faisait pas l'unanimité». Il nous présente donc une Analyse critique de l'Histoire de la littérature canadienne de Mgr Camille Roy signée par Albert Pelletier sous le titre «Compte-rendu du Manuel de l'histoire de la littérature canadienne-française», parue dans Égrappage (Montréal, Éditions Albert Lévesque, 1933, 234p., pp. 93-102).
Ironie du sort, ce site anglophone est le tout premier référé par le moteur de recherche Google avec les mots-clés «histoire de la littérature québécoise» :
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L'encyclopédie en ligne Wikipédia nous apprend que «c'est Philippe Aubert de Gaspé, fils, qui aura l'honneur d'écrire et de faire publier le premier roman québécois, en 1837». Le gouvernement du Québec le passe sous silence, tout comme :
Louis-Joseph Papineau, Patrice Lacombe, François-Xavier Garneau, Octave Crémazie, Philippe Aubert de Gaspé, père, Philippe Aubert de Gaspé, fils, Pamphile Lemay, Louis Fréchette, Eudore Évanturel, Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, Laure Conan, Arthur Buies, Honoré Beaugrand, Edmond de Nevers, Nérée Beauchemin, William Chapman, Émile Nelligan, Camille Roy, Louis Hémon, Victor Barbeau, Lionel Groulx, Jean-Charles Harvey, Hector de St-Denys Garneau, Arthur de Bussières, Albert Lozeau, Paul Morin, Jean-Aubert Loranger, Robert Choquette, Alfred Desrochers, Clément Marchand, Albert Laberge, Blanche Lamontagne-Beauregard, Claude-Henri Grignon, Alain Grandbois, Henriette Dessaulles, Harry Bernard, Damase Potvin, Albert Dreux, Albert Ferland, René Chopin, Gonzalve Desaulniers, Lionel Léveillé, Adélard Dugré et plusieurs autres.
Pour le gouvernement du Québec, le premier livre québécois à citer dans la présentation de notre littérature aux étrangers est un roman publié en 1937, Menaud, maître-draveur de Félix Antoine Savard. Est-ce un juste reflet de la réalité à présenter aux étrangers? NON!
Le gouvernement du Québec renvoie les étrangers à Bibliothèque et Archives nationales du Québec pour «accéder aux richesses du patrimoine documentaire québécois et universel.» La moindre des choses serait d'orienter le visiteur en lui donnant un lien internet direct vers la présentation de notre littérature, compte tenu de l'immensité du site de notre bibliothèque nationale. Or, on ne trouve aucun lien sous le nom «Histoire de la littérature» avec le moteur de recherche du site de notre bibliothèque nationale. Ce dernier nous renvoie plutôt à 112 pages web différentes avec les mots «histoire», «de», «la» et «littérature».
Premier résultat livré par le moteur de recherche du site internet de notre bibliothèque nationale avec les mots-clés «Histoire de la littérature»
© Gouvernement du Québec, 2007
Si on précise notre recherche en ajoutant «québécoise» («Histoire de la littérature québécoise»), cette fois, c'est à 66 pages web que nous réfère le moteur de recherche du site de notre bibliothèque nationale et toujours aucun de ces liens ne correspond à «Histoire de la littérature québécoise».
Dans les deux cas, j'ai soupçonné que le lien Édition québécoise pouvait nous conduire à une présentation de notre littérature. Mais ce n'est pas le cas. On y traite davantage d'édition et d'imprimerie que de notre littérature. Bref, on est encore loin, très loin d'une présentation à la hauteur de notre littérature et aussi formelle que celle offerte par le département d'état américain sur son site internet.
Enfin, je me demande comment notre gouvernement peut être fier de sa contribution à l'adoption de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles par l'U.N.E.S.C.O. alors qu'il néglige la présentation de notre littérature et de notre culture en général sur ses propres sites internet. Quand on se bat pour la protection de la diversité culturelle et des cultures nationales, ne doit-on pas commencer par exposer sa propre culture sans aucune économie de mots et d'espace, notamment là où cela est le moins dispendieux, c'est-à-dire sur internet.
En ce 4 juillet, fête nationale des États-Unis d'Amérique, on se souviendra que cette Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles nous était souvent présentée, entre autres, comme la meilleure défense contre «l'impérialisme culturel américain». Certes, mais on ne peut pas reprocher au gouvernement des USA de réduire la présentation de la littérature américaine à deux simples paragraphes sur son site internet international!
Serge-André Guay, président éditeur Fondation littéraire Fleur de Lys
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