NOUVEAUTÉ

La tortue du désert

Thriller psychologique

Jean Dumas

Fondation littéraire Fleur de Lys,

Lévis, Québec, septembre 2022, 258 pages.

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PRÉSENTATION

Depuis sa tendre enfance, Pierre Dagenais n’aspire qu’à une chose : se couper d’un monde qui ne l’a pas épargné. Devenu orphelin de père alors qu’il était toujours aux couches, il se réfugie dans sa chambre pour fuir les incessantes et tonitruantes querelles entre sa mère et sa sœur qui minent l’atmosphère en la demeure familiale. Ses nombreuses lectures l’accompagnent dans sa solitude. Après que sa génitrice a rendu l’âme et fait de lui l’unique héritier d’une fortune relativement appréciable, il prend sa retraite au tournant de la cinquantaine. Occupant un modeste appartement, il vit en ermite dans un microcosme peuplé de personnes d’âge vénérable au sein duquel le commérage et la médisance dominent les conversations, la rancœur prime souvent sur la décence et la sagesse attendue des ancêtres ne les empêchera pas de se liguer cruellement contre une boiteuse. Protégeant sans compromis l’intégrité de son espace vital, il tient à l’œil la petite communauté de l’immeuble, en particulier son inquiétante voisine Bérengère Landry. La mort de la douce Lorraine Tanguay l’intriguera et lui fournira de la substance pour nourrir ses pensées jusqu’à un dénouement qui l’épatera autant qu’il le réjouira.

Mais pour atteindre la pleine sérénité qu’il convoite depuis toujours, cet homme peu bavard et secret, d’un abord glacial, doit effacer les dernières séquelles d’un lourd traumatisme subi à l’adolescence et qui hante son esprit depuis tout en lui infligeant d’intenses douleurs physiques. Pour parvenir à ses fins, sans éprouver le moindre remords une fois les gestes posés, il rusera et utilisera des moyens extrêmes que réprouve la morale d’une société bornée, ignorante de sa souffrance et de laquelle ces mêmes méfaits ont pour but de l’isoler.

EXTRAIT

CHAPITRE 1

 

En ce mercredi vingt janvier de l'an deux mille dix, des nuages cendreux à perte de vue surplombaient la scène. En cette fin d'après-midi où le froid raidissait son corps de ses semelles jusqu'à son chapeau de feutre, orné sur le côté gauche d'une courte plume verte — témoin de sa lointaine jeunesse —, le vieillard s'approchait très prudemment. Il s'appuyait sur une canne de bois verni qu'il tenait de sa main droite et effectuait de tout petits pas avec beaucoup de précautions, faisant glisser plus qu'il ne les soulevait, ses pieds maigres et secs. Il était chaussé simplement de souliers et de caoutchouc. Flanqué de deux monticules de neige faméliques d'à peine quarante centimètres de hauteur, le trottoir glacé noir de deux mètres de largeur dissimulait sournoisement le danger en absorbant la faible lumière du jour. L'homme dont l'âge devait avoisiner quatre-vingt-cinq ans réussit finalement et sans tomber à atteindre la porte vitrée extérieure du vestibule. Il la tira à lui de son bras libre tout en s'accrochant avec fermeté à la poignée, ne pouvant se fier uniquement sur sa crosse pour éviter la chute. Il pénétra dans le sas et après trois pas effectués avec plus de sûreté sur la grille gratte-pieds, il ouvrit la porte intérieure et put enfin respirer un air chaud.

De son poste d'observation à l'intérieur de la cabine de l'ascenseur, Pierre Dagenais l'avait suivi tout au long de son court, mais périlleux parcours, tout en retenant le lourd panneau coulissant à l'aide de son genou droit. L'aïeul ne l'aperçut qu'en descendant les trois marches qui menaient au plancher du demi-sous-sol. Il pénétra dans l'habitacle et, tout en lui jetant un regard plein de reproches, gratifia tout de même d'un « merci monsieur » le premier occupant. Ce dernier retira sa jambe et la porte se referma. Il savait ce qui trottait dans la tête du bonhomme. Celui-ci se demandait depuis quand il se trouvait là en spectateur, témoin de ses efforts et des risques auxquels il venait de s'exposer. Depuis le début ? Depuis ses premiers pas sur la glace noire ? Si oui, il aurait au moins pu lui ouvrir à l'entrée. Après que le discourtois personnage qui ne semblait pas du tout embarrassé par son comportement pour le moins discutable, eût appuyé sur le bouton de son étage, le quatrième, le vieux l'imita en enfonçant le trois de son index et osa pendant la montée, quelques coups d'œil en biais dans sa direction. L'autre sentit les œillades le souffleter contre sa tempe gauche ; il les compta, quatre au total, avant que la cabine ne s'immobilisât au troisième et que l'ancêtre disparaisse après avoir pris à droite dans le corridor. De nouveau tout fin seul dans l'habitacle d'acier, il frotta délicatement son favori du bout de son majeur, de façon à effacer ce dernier souvenir de l'envahissement de son espace vital par un quidam. Au plancher supérieur, il s'arrêta devant l'appartement quarante et un, le premier à gauche en sortant de l'ascenseur, tourna la clé dans la serrure, referma derrière lui et verrouilla. Il laissa tomber son courrier — trois enveloppes de format régulier, deux blanches et une brune — sur le parquet en érable, retira manteau et bottes qu'il rangea dans le vestiaire, et entra dans la salle de bains pour soulager sa vessie. Il ramassa les lettres et les déposa sur le comptoir de la cuisinette. Il jeta un œil au téléphone sur sa droite : le voyant du répondeur montrait le chiffre 1 rouge qui clignotait. Quand il avait emménagé, il avait simplement disposé les deux appareils côte à côte sur une tablette que l'ancien locataire avait abandonnée en quittant les lieux. La seule prise active se trouvait en dessous, juste au-dessus de la plinthe de bois. Il n'avait pas demandé à la compagnie de télécommunication de lui en installer une ailleurs, près de la table de son ordinateur par exemple. Il se servait rarement de ce vieil équipement qui datait du déluge — l'enregistreur fonctionnait avec des petites cassettes sur bande magnétique — et recevait très peu d'appels. Il se rendit au salon, s'immobilisa devant le bahut, un meuble tout simple en bois pressé monté sur des roulettes, avec juste l'espace nécessaire pour loger quelques bouteilles. Il en extirpa un 750 ml de Jack Daniels et un verre qu'il posa sur le dessus fini en mélamine, tachés de cernes circulaires jaunis qui en marquaient l'usage. Comme il dévissait le bouchon, il entendit s'ouvrir la porte de sa voisine d'en face, Lorraine Tanguay, une veuve octogénaire toute douce et toute menue, d'une taille à la mesure de sa personnalité, pas plus haute que le point culminant d'une vie sans histoire. Elle s'était installée il y avait un peu moins de trois ans. Discrète à l'extrême, elle semblait craindre de provoquer une fissure dans l'air en émettant un son. Il avait souvent remarqué cette attitude chez ces femmes qui, dépossédées de la présence de l'autre, du conjoint décédé, usaient leur quotidien à s'effacer dans le vide créé, se jouant l'illusion de rejoindre le disparu. Elle arborait de magnifiques cheveux blancs, encore très fournis pour son âge, qui en se retroussant à la base lui gonflaient une capeline naturelle immaculée. Il l'avait toujours vue vêtue d'une blouse et d'une jupe longue, dans des teintes de gris, de bleu ciel ou de vert pomme. À chaque fois, elle le saluait d'un timide « bonjour » en souriant sans exagération. Un sourire charmant, mais pas charmeur. Elle vous l'offrait avec douceur simplement pour souligner qu'elle jugeait ce court moment de rencontre bien agréable, sans chercher aucunement à vous embobiner et sans non plus vous embêter avec ses soucis. Elle rentrait ensuite tranquillement chez elle.

Dans le corridor, une première voix s'éleva qui n'était pas la sienne, mais celle de madame Landry, Bérengère de son prénom, une veuve forte en gueule. Elle était la locataire de l'appartement situé immédiatement de l'autre côté de la cage de l'ascenseur et qui se trouvait donc contigu au sien. Pas plus haute que madame Tanguay, elle traînait péniblement une ving ¬taine de kilos supplémentaires sur trois pattes, la jambe droite affaiblie par un genou bousillé par une vilaine chute dans un escalier métallique extérieur un jour de verglas. En plus de sa deuxième jambe naturelle, bien valide celle-là, elle utilisait une canne en aluminium qui l'approchait à cinq appendices de la forme de l'araignée, animal octopode dont elle possédait déjà les yeux globuleux, l'affreuse tête velue (des poils follets et pâles couvraient son visage de la base du nez jusque sous le menton, très visibles lorsqu'un rayon de lumière les frappait en oblique) et l'inclination prédatrice. Une créature acariâtre qui brûlait plus de bile que de salive quand un fâcheux hasard vous imposait sa compagnie et sa conversation. Vous aviez alors le réflexe de garder vos distances, d'abord pour soustraire votre vue à sa laideur, deuxièmement pour vous assurer de ne pas tomber dans la toile qu'elle avait mise en chantier en vous apercevant et troisièmement pour éviter un coup de crosse dans les tibias. Elle pouvait vous en asséner un volontairement et faire croire à un accident. Une pareille sournoiserie ne la rebutait pas.

Elle ne s'était mariée qu'une seule fois, à un ingénieur en métallurgie pour qui c'était une deuxième union. Il avait eu un garçon, Philippe, avec sa première femme, avant que cette dernière ne soit emportée par un cancer du pancréas à trente-huit ans. Bérengère avait élevé l'enfant comme s'il avait été le sien, du moins selon ses dires. À l'âge de soixante-trois ans, le bachelier en génie, à l'aube de la retraite, mourut d'un cancer des os. Puis, comme frappé par la même malédiction qui avait interrompu abruptement les jours de sa mère, le fils fut terrassé à trente-deux ans, deux mois après le décès de son père, par un infarctus aussi subit que fatal. Charles, c'était le prénom du mari, avait tout légué à sa deuxième femme. Son descendant n'était pas mentionné dans le testament, une omission qui avait troublé Bérengère et scandalisé le garçon. L'harmonie avait toujours régné entre les deux hommes, alors pourquoi avoir ignoré son héritier naturel ? Aimait-il sa douce moitié au point de priver l'unique rejeton de sa progéniture d'une part de la succession ? Très embarrassée, elle avait été prise de remords face à cet affront de feu son mari envers la chair de sa chair. Tourmentée, Bérengère avait même songé à partager avec Philippe et avait cherché une solution équitable jusqu'à la mort de ce dernier. Après les deux funérailles, elle avait finalement trouvé des réponses à ses interrogations, quand le notaire qu'elle avait mandaté pour s'occuper de l'exécution l'avait convoquée à son bureau. Elle avait cru qu'après avoir vendu la maison, elle posséderait de quoi se couler une retraite paisible dans un beau quartier où l'air sentait le propre et où les fleurs poussaient aux volets des fenêtres. Elle avait drôlement déchanté. En plus de la propriété, son cachottier de mari lui avait légué des dettes importantes, des avances de fonds jamais remboursées avec, bien sûr, les intérêts applicables qui gonflaient la note. Jamais elle n'avait soupçonné qu'il ait pu détenir une douzaine de cartes de crédit. Ce dont elle s'était toujours doutée par contre, que Charles Alphonse Duguay, ingénieur et directeur de la production chez Métal du Nord, étirait trop fréquemment ses journées jusqu'à tard le soir pour que les supposées réunions de travail qu'il donnait comme explications ne soient pas bidons, s'était avéré : c'était le poker qui l'avait souvent retenu loin du foyer. Les sommes à payer, indiquées sur les nombreux relevés que le notaire avait étalés devant ses yeux ébahis, avaient sûrement été accumulées — Bérengère en aurait mis sa main au feu — dans l'obscurité humide de tripots clandestins où les rois, les dames, les valets et les as n'avaient pas joué en la faveur du défunt. Et les créanciers ne comptaient pas la broderie fine parmi leurs loisirs. L'ingénieur utilisait les avances permises sur toutes ses cartes de crédit pour rembourser ces mauvais garne¬ments et éviter des sévices autrement plus douloureux que l'endettement. Elle avait vu passer trop d'enveloppes de différentes banques, adressées à son homme, pour ne pas s'inquiéter, d'autant plus qu'il lui interdisait d'ouvrir son courrier. Le revenu de la vente de la maison avait tout juste suffi à éponger le total du solde et à convaincre Bérengère d'une chose : feu son mari ne l'avait jamais préférée à son propre fils, bien au contraire. Bien au fait de ses finances personnelles, il avait refilé un cadeau empoisonné à sa veuve. Cet épisode de sa vie expliquait-il à lui seul pourquoi cette femme nourrissait autant d'aigreur ? Dagenais n'aurait su répondre.

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AU SUJET DE L'AUTEUR

Jean Dumas

Jean Dumas vit le jour le 31 août 1959 dans un milieu ouvrier du quartier Chomedey à Laval. Il a une sœur de deux ans son aînée, mais pas de frère. Son père, qui avait déjà quarante-cinq ans à sa naissance (il s’était marié sur le tard avec une femme dix-neuf ans plus jeune que lui), travaillait à l’usine aéronautique de Canadair (devenue Bombardier par la suite) à ville Saint-Laurent depuis la Deuxième Guerre mondiale. Sa mère dénicha un emploi à temps partiel comme vendeuse dans une boutique de vêtements féminins quand sa sœur et lui furent rendus à l’adolescence, et elle le conserva pendant une vingtaine d’années. La petite famille ne connaissait pas le luxe, mais on ne manquait de rien dans l’appartement et afin de maintenir ce niveau de vie moyen, le père occupa pendant quinze ans un deuxième emploi de soir à l’hippodrome Blue Bonnets où il vendait les billets aux joueurs.

La religion était toujours bien présente dans la société québécoise quand il fit son entrée à l’école primaire. En première année, on récitait encore le Notre Père chaque lundi matin pour entreprendre la nouvelle semaine. Si le but de cet exercice hebdomadaire avait été de favoriser l’émergence d’une foi, il lui fut imposé en vain. Il ne crut jamais en ce dieu qui aurait, jadis, abandonné son fils sur la croix.

Il fut premier de classe durant toutes les années du primaire et du secondaire malgré le fait qu’il détestait l’école, une aversion qui trouvait sa source dans un sérieux manque d’assurance que ses professeurs n’oublièrent jamais de souligner dans ses bulletins. Puis, après avoir hésité entre lettres et sciences, il s’inscrivit au cégep Lionel-Groulx de Sainte-Thérèse en sciences pures et appliquées pour ensuite décrocher un baccalauréat en génie physique de l’École Polytechnique de Montréal en 1982, convaincu qu’il gagnerait plus facilement sa vie comme ingénieur. Il a travaillé dans l’industrie de la construction pendant quarante ans en tant qu’estimateur et que gérant de projets jusqu’en 2022, année où il a pris sa retraite après avoir dû faire une pause de deux mois pour épuisement professionnel. Cet épisode sonna l’alarme et lui fit comprendre que son corps et son esprit montraient les signes d’une usure certaine.

Jusqu’à aujourd’hui, son existence s'est déroulée sans connaître le moindre événement exceptionnel ou tragique, sauf pour un accident de la circulation un jour de mars 1993 au cours duquel il faillit perdre la vie, mais finalement n’y laissa que sa rate.

Depuis l’enfance, la lecture a toujours été son passe-temps préféré. L’année de ses treize ans, il reçut en cadeau à Noël « Histoires extraordinaires » d’Edgar Allan Poe, des nouvelles qui le marquèrent par leur force et leur étrangeté, et l’entraînèrent vers des écrits plus substantiels que ceux des collections « Jeu¬nesse » qui avaient nourri sa passion jusqu’à cet âge.

Il a commencé la rédaction de « La tortue du désert » en 2010, travaillant sur le manuscrit uniquement les fins de semaine et pendant ses périodes de vacances.

Étant d’un naturel solitaire, il est célibataire et sans enfant.

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