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Dernière modification : 13/01/15 à 13:30

22 avril 2007

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Campagne contre la discrimination

des auteurs par les gouvernements

 

 

Contrairement à l'Europe, le gouvernement du Québec refuse d'aider

la création d'emplois dans le domaine de l'édition en ligne

 

 

Pendant que la Fondation littéraire Fleur de Lys cherche le moyen de créer deux emplois permanents dans le domaine de l'édition en ligne depuis bientôt cinq ans sans obtenir l'aide demandée au gouvernement du Québec, nos cousins français font déjà l'analyse des compétences et des qualités importantes des nouveaux métiers de l'édition numérique.

 

À la question «De nouveaux métiers sont-ils en train d'apparaître?», Lorenzo Soccavo, auteur de Gutenberg 2.0 : le futur du livre et du blog NouvoLivrActu, répond par l'affirmative dans une entrevue réalisée par Aurélien Painchaud pour le site de la télévision France 5 Emploi. «Le monde de l'édition bouge ! Presse ou littérature, le numérique change notre façon de lire l'information et les technologies évoluent rapidement avec à la clé de nouveaux métiers» soutient Monsieur Soccavo, conseil en stratégies de l'innovation.

 

 

Ailleurs mais pas au Québec

 

Ça bouge, c'est vrai. En Europe et aux États-Unis. Dans les pays du tiers monde et dans les pays en émergence. Mais pas chez nous, au Québec et au Canada où les gouvernements brillent par leur incompréhension évidente de l'avenir qu'offre le numérique, l'internet et l'impression à la demande au monde du livre. Car le marché du livre traditionnel est saturé, mûr, arrivé à terme. L'offre dépasse largement la demande et la durée de vie des livres ne cesse de raccourcir. Les possibilités d'expansion du marché du livre traditionnels sont nulles. Il ne reste plus que l'achat des compétiteurs ou la concentration pour s'assurer de conserver sa place dans un tel marché. Et même encore là, l'industrie traditionnelle du livre doit sa survie aux subsides gouvernementaux. Elle monte aux barricades à chaque annonce de coupures dans les budgets d'aide à l'édition des gouvernements du Québec et du Canada.

 

 

« Le marché québécois du livre est trop petit

pour y inclure l'édition en ligne. » Faux!

 

Pour justifier cette aide, les éditeurs et les gouvernements évoquent le même argument depuis des décennies : la petitesse du marché québécois du livre et la fragilité qui en découle, comme s'il ne fallait toucher à rien de peur que le secteur s'effondre comme un château de cartes.

 

Mais le marché québécois du livre n'est pas plus petit et fragile que plusieurs autres marchés du livre à travers le monde. Prenons l'exemple des marchés de la Finlande (5,2 millions d'habitants), de la Hongrie (9,9 millions habitants) et de la Suède (9,1 millions d'habitants) alors que le Québec compte 7,5 millions d'habitants. L'écart d'un peu plus de deux millions d'habitants de ces pays comparés au Québec peut être largement compensé par le fait que les langues nationales, le finnois, le hongrois et le suédois, ne trouvent pas de débouché international à l'instar du français. Bref, toutes choses considérées ont peut aisément comparer ces trois marchés avec celui du Québec, tant dans leur petitesse que leur fragilité.

 

Or, les gouvernements de la Finlande, de la Hongrie et de la Suède ne sont demeurés immobiles comme le gouvernement du Québec face à l'avenir du livre, y compris l'édition en ligne et l'impression à la demande.

 

En Suède, plus d'une dizaine de projet d'édition en ligne et d'impression de livres à la demande (un exemplaire à la fois à la demande expresse de chaque lecteur) furent mis en branle dès la fin des années 90. «Le programme suédois " New Ways for the Book " (Les nouvelles voies du livre) fait partie du projet plus large " New Book Economy Project, Building the Information Society/BIS " (Projet Nouvelle Economie du Livre, Bâtir la société de l’information), lancé par le Conseil de l’Europe et financé par le European Social Fund - Community Initiative (ADAPT) (Fonds Social Européen - Initiative Communautaire)» peut-on lire dans le Compte rendu des projets suédois en cours publié sur le site internet du Conseil de l'Europe.

 

Il en va de même en Finlande et en Hongrie tout comme en Autriche, en Allemagne, en Italie, en France et dans les Pays-Bas, où des projets similaires furent développés avec succès, toujours avec le concours du Conseil de l'Europe. La contribution de cette instance supra-nationale n'est pas anodine puisqu'elle démontre qu'en plus de mobiliser les pays européens en leur propres frontières, l'édition en ligne et l'impression à demande se sont à ce point développés que la coordination de la plus haute autorité politique du vieux continent fut nécessaire pour assurer les échanges entre les membres. Et le Conseil de l'Europe n'a pas hésité à investir temps et argents dans ces projets.

 

Au Québec, rien. Rien de rien, si ce n'est une peur bleue de la démocratisation de l'accès à l'édition qu'engendrent l'internet et l'impression à la demande. Car ce sont sous des arguments bien sentis de liberté d'expression et de diversité éditoriale face à un marché du livre saturé que se développent partout ailleurs l'édition en ligne et l'impression à la demande.

 

 

Le Québec dépassé par le Tiers monde

 

« Partout ailleurs »..., y compris dans les pays du tiers monde à l'initiative même de la Banque mondiale impliquée dans le développement de l'Expresso Book Machine, un appareil capable d'imprimer à la demande un seul exemplaire à fois en moins de sept minutes. Le point fort de cet appareil, son prix : 38,000$ américains. Un appareil avec les mêmes fonctions coûte au bas mot 1 million de dollars américains chez Xerox. Les pays du tiers monde et ceux en émergence pourront donc se lancer dans l'édition traditionnelle et en ligne avec impression à la demande avec un investissement de base réduit au minimum avec le maximum d'efficacité. Au Québec, aucun imprimeur n'offre l'impression à la demande d'un seul exemplaire à la fois et le gouvernement n'a aucun projet en ce sens.

 

Non seulement nous sommes déjà loin derrière plusieurs pays européens mais nous serons bientôt également dépassés par des pays du tiers monde dans le domaine de l'édition en ligne et de l'impression à la demande, comme si nos politiciens jugeaient que Québec allait échapper à la révolution engendrée ailleurs par l'édition en ligne et l'impression à la demande.

 

 

« Il n'y a pas d'éditeur en ligne au Québec,

parce qu'il n'y a pas de demande. » (Sodec 2002) Faux !

 

Pis encore, le gouvernement du Québec, par la voie de sa Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), juge qu'il n'y a pas de marché chez nous pour l'édition en ligne, pour tous ces auteurs dont les oeuvres sont refusées par les éditeurs traditionnels. Ici comme ailleurs, le marché traditionnels du livre refusent plus de 90% des manuscrits soumis à son attention. Ailleurs, ces oeuvres littéraires non publiées sont considérées comme faisant partie intégrale du patrimoine littéraire à préserver et à diffuser au même titre que les oeuvres éditées par l'industrie traditionnelle du livre. L'édition en ligne et l'impression à la demande se sont présentées comme des alternatives très intéressantes pour remplir cette mission.

 

Ailleurs, les gouvernement ne veulent pas que tous ces écrits dorment à jamais au fond des tiroirs, privant ainsi l'auteur de sa liberté d'expression et le lecteur d'une plus grande diversité éditoriale. Car, ils l'ont admis, le choix du marché traditionnels du livre pour l'édition d'une oeuvre plutôt qu'une autre est essentiellement fondé sur des critères économiques, la rentabilité de la publication de l'oeuvre. Or, il y a des manuscrits très intéressants dont l'auditoire est si limité qu'ils n'intéresseront jamais l'industrie du livre traditionnel forcée de réaliser des économies d'échelle avec des tirages élevés d'exemplaires pour être rentable.

 

 

Le Québec méconnaît l'impression à la demande

 

Au Québec, cette approche industrielle du livre aveugle le gouvernement qui ne voit pas comment il peut être intéressant d'éditer une oeuvre sous la barre des 300 exemplaires nécessaires pour une distribution provinciale en librairies. On ne trouve pas de raison valable pour soutenir l'édition d'une oeuvre en 10 ou 20 exemplaires seulement, moyenne de vente connue en 2002 pour un livre éditée et vendue en ligne sur internet avec impression impression à la demande. Ailleurs, les gouvernements ont compris cette nouvelle économie du livre alimentée par des milliers d'auteurs en mal d'un éditeur traditionnel.

 

 

« Il n'y a pas assez de lecteurs au Québec. » Faux !

 

Ici, on rétorque qu'il n'y a pas plus de lecteurs pour les livres édités en ligne sur internet que pour les milliers de livres pilonnés par l'industrie traditionnelle du livre à chaque année. C'est vrai dans le contexte de l'industrie traditionnelle du livre puisque le nombre de lecteurs stagne depuis plusieurs années. Pour être juste, il faut écrire : « puisque le nombre de ses lecteurs » ou « le nombre des lecteurs des livres édités par l'industrie traditionnelle du livre » stagne. « Le marché québécois du livre est petit et le nombre de lecteurs stagne » affirme notre industrie du livre pour inciter les gouvernements à la subventionner.

 

Mais la réalité est quelque peu différente. Car l'industrie traditionnelle du livre ne rejoint pas tous les Québécois avec son offre éditoriale, comme c'est le cas en d'autres pays. Il y a donc des lecteurs potentiels que le livre traditionnel en librairies et en bibliothèques ne rejoint tout simplement pas et ne pourra jamais rejoindre.

 

Les lecteurs des oeuvres en ligne sur internet sont pour la plupart des nouveaux lecteurs, des gens qui ne liraient pas autrement. Ainsi, l'édition en ligne n'enlève pas des lecteurs à l'industrie traditionnelle du livre. Elle créée de nouveaux lecteurs. L'industrie traditionnelle du livre devrait s'en réjouir car une fois convertie en nouveau lecteur, la personne sera davantage intéressée à fréquenter librairies et bibliothèques où elle offre ses livres. Malheureusement, l'industrie québécoise du livre traditionnel voit plutôt l'édition en ligne comme un compétiteur à tuer dans l'oeuf.

 

 

Pourquoi le gouvernement du Québec

ne finance pas l'édition en ligne ?

 

Au Québec, l'aide gouvernementale dans le domaine culturel demeure essentielle compte tenu de l'environnement nord-américain voir international. Cet environnement menace notre culture au quotidien. C'est pourquoi le gouvernement du Québec accepte de subventionner, entre autres secteurs culturels, l'édition traditionnelle. Mais pourquoi refuse-t-il de venir en aide à l'édition en ligne ?

 

Parce qu'il ne reconnaît pas le droit à la liberté d'expression de tous les auteurs.

 

Parce qu'il ne se soucie de la diversité éditoriale.

 

Parce qu'il juge normal que plus de 90% des oeuvres de nos auteurs dorment au fond des tiroirs.

 

Parce qu'il ne reconnaît pas la complémentarité de l'édition traditionnelle et de l'édition en ligne.

 

Parce qu'il n'est pas résolument tournée vers l'avenir du livre, lequel passe par l'édition en ligne et l'impression à la demande.

 

Parce qu'il juge que les oeuvres éditées en ligne sur internet ne sont pas de qualité ou que seuls les livres publiés par les éditeurs agréés sont de qualité.

 

Parce qu'il n'a aucune sympathie envers l'auteur dont l'oeuvre est rejetée par les éditeurs agréés.

 

Parce qu'il considère que les auteurs dont les oeuvres sont refusées par les éditeurs agréés n'ont qu'à payer de leur propre poche pour s'autoéditer ou être édités à compte d'auteur.

 

Parce qu'il ne perçoit pas l'apport culturel et social essentiel que l'édition en ligne apporte dans le domaine de l'écriture et de la lecture.

 

Parce qu'il est à solde de l'industrie traditionnelle du livre.

 

Parce qu'il ne voit pas la contribution économique de l'édition en ligne.

 

Parce que le gouvernement du Québec juge que l'édition en ligne doit se débrouiller toute seule face à l'industrie du livre qu'il subventionne.

 

 

Voir aussi notre dossier en ligne :

 

http://manuscritdepot.com/edition/lutte.1.htm

 

 

 

 

 

 

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Source :

 

Serge-André Guay, président éditeur

Fondation littéraire Fleur de Lys

 

 

22 avril 2007

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