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Livres de l'auteur Pierre Chatillon    [ 1 ]   [ 2 ]     [ Voir aussi : Musique de Pierre Chatillon Chatillon ]

 

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Noyades et naufrages
Essai sur le roman québécois

suivi de le NON-PAYS,

dix études sur la poésie québécoise

de 1970 à 2000


Fondation littéraire Fleur de Lys, 2007,

306 pages, 6 X 9 pouces.

 

ISBN 2-89612-281-8

 

Présentations

 

Noyades et naufrages est en quelque sorte la suite de l’ouvrage publié par Pierre Chatillon aux Presses de l’Université du Québec, en 2004, et intitulé Le mal-né.
 

Dans la première partie, qui donne son titre au livre, l’auteur observe la présence de l’eau dans seize romans québécois et il s’interroge sur les diverses manifestations et significations de ce phénomène.

 

La deuxième partie s’intitule Le non-pays. Pierre Chatillon examine l’oeuvre de dix poètes québécois ayant publié entre 1970 et 2000. Chacun d’entre eux illustre une tendance de la poésie et contribue à dessiner un portrait de notre société.

 

La troisième partie, Lire la poésie, est une initiation à la lecture de la poésie. L’auteur l’a rédigée à la suite de nombreuses conférences au cours desquelles il a constaté l’intérêt manifesté par les auditeurs pour ce sujet.

 

La quatrième partie, Quelques géantes, est consacrée à l’étude du thème étonnant de la géante chez des auteurs québécois et français.

 

 

Table des matières

 

INTRODUCTION 11

 

NOYADES ET NAUFRAGES 15

LE NON-PAYS 89

L’infonie de Luôar Yaugud 95
L’intense pays du non-sens de Michel Beaulieu 101
Le kaléidoscope de Denise Desautels 113
L’Amérique cinémascopique de Jean-Paul Daoust 129
Le dépaysement de Yolande Villlemaire 145
Le non-pays de François Charron 155
Le pays fictif de Bernard Pozier 169
Les tombeaux du jour de Martine Audet 177
La mémoire de l’eau de Lyne Richard 185
L’arbre-poème de Michel Pleau 193
L’apprivoisement de l’ombre 197

LIRE LA POÉSIE 201

QUELQUES GÉANTES 251

NOTES EN BAS DE PAGE 273

AU SUJET DE L’AUTEUR 293

COMMUNIQUER AVEC L’AUTEUR 295

 

 

 

Couverture de presse

 

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Introduction

J’étais au tout début de la vingtaine lorsque j’ai fait la découverte des ouvrages de Gaston Bachelard : L’eau et les rêves, L’air et les songes, et tous les autres. Je fus séduit par son approche à la fois poétique et lucide de la littérature. Il m’apprit à lire avec des yeux neufs et je lui en suis à jamais reconnaissant. Les Grecs partageaient le monde en quatre éléments : le feu, l’eau, l’air et la terre. Bachelard s’aperçut, lui, que les œuvres des grands auteurs étaient également dominées par la présence de ces éléments. Il se contenta cependant d’observer ce qu’il appelait des phénomènes sans s’aventurer à les interpréter de façon psychanalytique.

J’adoptai sa méthode, lui fis subir de légères modifications et l’appliquai à la poésie québécoise. Je fis paraître, en 1966, un essai intitulé La naissance du feu dans la jeune poésie du Québec[i]. J’y constatais que le feu est à peu près absent de notre littérature et qu’il ne commence à se manifester, timidement, qu’aux environs des années 1960. Rien là qui ne doive étonner puisque le feu est associé à la vie, à la passion, à la sexualité, à l’amour et que notre société n’a commencé à s’épanouir librement qu’à l’époque de la Révolution tranquille.

Pour Saint-Denys Garneau, par exemple, le feu est un ennemi. Dans le poème «Fièvre», il compare le feu qui brûle en lui à un incendie de forêt, à la fièvre, c’est-à-dire à une maladie. Dans «Un mort demande à boire», le feu tue celui qui n’est pas apte à l’accueillir : «Alors le matin paraît dans sa gloire / Et répand comme un vent la lumière sur la vallée / Et le mort pulvérisé / Le mort percé de rayons comme une brume / S’évapore et meurt[ii]». Cette conception du feu mauvais change-t-elle dans la littérature actuelle? Il existe une œuvre dans laquelle le feu occupe une place très importante, celle de Gaétan Soucy. Dans La petite fille qui aimait trop les allumettes, une enfant est atrocement punie pour avoir allumé un incendie dans lequel sa mère a péri. Sa sœur lui a donné le nom de Juste Châtiment. Dans L’immaculée Conception, le feu est également relié à une expiation. Un incendiaire transforme un grill en brasier où meurent soixante et quinze personnes; voici comment est décrit ce sinistre : «On entendait les vociférations des victimes distinctement. Des cris assez curieux, qui ressemblaient à des éclats de rires, un hurlement désabusé. (…) Le rire qu’on entend de temps à autre en enfer[iii].» À la fin du roman, le héros s’immole, dans une cabane, en s’aspergeant de l’huile d’une lampe. Et l’auteur écrit : «Vingt ans de condamnation à vivre dans l’espérance d’une expiation. Et cette grâce qu’il avait désespéré de mériter jamais, voilà que, contre toute attente, elle lui était donnée. Il accueillait le châtiment avec reconnaissance[iv].» Faut-il s’étonner que le feu n’apparaisse à peu près jamais sous son aspect exaltant et joyeux et qu’il se manifeste plutôt comme un élément vengeur? Rien de plus normal, me semble-t-il, puisque l’éducation religieuse dispensée à notre peuple a hanté tous les esprits avec des évocations terrifiantes du feu de l’enfer.

En 1970, je fis paraître un autre essai intitulé Le château d’eau de Sylvain Garneau[v]. Peu à peu, il me devint évident que l’eau occupait une place très considérable dans notre imaginaire. Ce n’était pas toutefois une vaste étendue sur laquelle s’élancent de courageux aventuriers. Au contraire, elle ne semblait engendrer que naufrages et noyades.

Il serait intéressant aussi de parler de l’air et de la terre, mais ce n’est pas le sujet du présent ouvrage. Disons néanmoins que l’air ne donne pas lieu non plus à de grandes aventures. Rien qui ressemble à L’Ode au vent d’ouest de Shelley ou aux envolées périlleuses et contemplatives de St-Exupéry. Une étude plus approfondie démontrerait sans peine que l’espace dont parlent nos auteurs a une connotation morale. Il y plane probablement plus d’anges que d’oiseaux. Le dualisme et la désincarnation figurant parmi les thèmes qu’on retrouve fréquemment dans la poésie, il n’y a pas à s’étonner que l’envol prenne le sens d’une fuite du corps et de la matière. Dans «Cage d’oiseau», Saint-Denys Garneau se présente ainsi : «Je suis une cage d’oiseau / Une cage d’os / Avec un oiseau[vi]». Cet oiseau, c’est la mort et son envol va signifier la fin de la vie. Dans un autre poème, intitulé «Un bon coup de guillotine», l’auteur est encore plus explicite. Il souhaite qu’un coup de guillotine sépare sa tête de son corps et cette distanciation est si bénéfique que Saint-Denys Garneau écrit : «Un sourire est sur ma bouche / Tel que si je venais de naître / Mon regard passe, calme et léger / Ainsi qu’une âme délivrée[vii».

Quant à la terre, dans ce qu’on appelle le roman du terroir, elle se présente sous la forme d’un lopin dont la préservation est assurée par les valeurs du conservatisme : «Tout ce qu’ils demandaient, c’était qu’on les laissât en paix fouiller la lourde glèbe, cultiver leurs arpents de bonne terre familière, sans autre ambition que d’en tirer des moissons et d’y paître le bétail[viii]» est-il dit dans Trente arpents de Ringuet. Conception qui se situe aux antipodes des vastes espaces parcourus par les redresseurs de torts dans les westerns américains ou par les pionniers traversant les États-Unis pour se rendre au Far-West.

Il s’agit donc d’une terre protectrice, d’un refuge permettant la survie d’un peuple replié sur sa foi, sa langue et ses traditions. Une mère, en somme, et qui sera chantée avec ferveur dans les années soixante : «Terre de Québec, Mère Courage (…) tu es grosse / de nos rêves charbonneux douloureux / de l’innombrable épuisement des corps et des âmes / je suis né ton fils par en haut là-bas / dans les vieilles montagnes râpées du nord[ix]». Une terre de laquelle on souhaite voir naître un homme neuf, libre : «Je dresse sur la terre une image de l’homme[x]». Certains poètes, tentant de se dégager de cette terre-mère, chantent les charmes d’une terre-compagne : «Je ne savais pas qu’un pays ressemble à tes seins   tes hanches porteuses   et la santé de tes lèvres  (…) Je ne savais pas que ton corps est un pays[xi]».

L’étude de ces conceptions du feu, de l’air et de la terre seraient très révélatrices. Peut-être entreprendrai-je un jour cette exploration. Pour le moment, c’est à l’eau que j’ai décidé de consacrer le présent essai.

Parler de livres a été l’un des plus grands plaisirs de ma vie. Parfois, je les regarde, ces livres, sur les rayonnages de ma bibliothèque et je leur dis à voix haute : «Merci, Livres, qui avez donné un sens à mon existence, Livres grâce auxquels je n’ai jamais connu l’ennui, grâce auxquels chaque jour de ma vie a été captivant. Merci, Livres !»

___________

 

[i] Chatillon, Pierre, La poésie canadienne-française, Montréal, Éditions Fides, Archives des lettres canadiennes, tome IV, 1970, p. 225 à 285.

[ii]  Saint-Denys Garneau, Hector de, Poésies complètes, Montréal, Éditions Fides, 1949, p. 64.

[iii]  Soucy, Gaétan, L’Immaculée Conception, Montréal, Éditions du Boréal,  1999, p. 9.

[iv]  Ibid, p. 287.

[v] Chatillon, Pierre, Voix et images du pays, Montréal, Les Presses de l’Université du Québec, 1970, no III, p. 93 à 103.

[vi]  Saint-Denys Garneau, Hector de, op. cit., p. 96.

[vii]  Ibid, p. 161.

[viii]  Ringuet, Trente arpents, Montréal, Éditions Fides, 1938, p. 175.

[ix]  Miron, Gaston , L’homme rapaillé, Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, 1970, p. 62.

[x] Lapointe, Gatien, L’ode au Saint-Laurent, Montréal, Éditions du Jour, 1963, p. 69.

[xi] Préfontaine, Yves, Débâcle, Montréal, Éditions de l’Hexagone, 1970, p. 29.

 

 

 

Au sujet de l'auteur

 

 

Pierre Chatillon est né à Nicolet le 6 janvier 1939. De 1968 à 1996, il a enseigné à l’Université du Québec à Trois-Rivières où il a animé de nombreux ateliers de création. Il se consacre désormais totalement à son œuvre. En juin 1998, il a créé, à Nicolet, le parc littéraire L’arbre de mots. En août 2005, il a fait installer trois sculptures en aluminium, intitulées Les Oiseaux-Poèmes, dans le parc des lilas de Bécancour.

 

Pierre Chatillon a reçu le Grand Prix de la Ville de Trois-Rivières, en 1987, pour l’ensemble de son œuvre, et en 2000, la Société Saint-Jean-Baptiste du Centre du Québec lui décernait le Prix Lionel-Groulx également pour l’ensemble de son œuvre. En 2005, il se méritait le Prix Adagio du Salon du livre de Trois-Rivières et le Prix d’excellence en littérature du Conseil de développement culturel du Centre-du-Québec.

 

Pierre Chatillon est également un mélodiste très prolifique. En septembre 2006, il a produit un CD intitulé Air pour Claire. Sur ce disque, six de ses œuvres sont interprétées par le quatuor de saxophones Andran.

 

 

Bibliographie

 

Les cris, poèmes, Montréal, Éditions du Jour, I968. Réédition en I969.

 

Soleil de bivouac, poèmes, Montréal, Éditions du Jour, 1969. Édition remaniée en 1973.

 

Le journal d’automne, récit, Montréal, Éditions du Jour, 1970. Édition remaniée en 1977, Montréal, Éditions du Jour. Édition remaniée en 1998, Nicolet, Les Éditions Grands Arbres.

 

Le mangeur de neige, poème, Montréal, Éditions du Jour, 1973.

 

La mort rousse, roman, Montréal, Éditions du Jour, 1974. Édition remaniée,  collection «Québec 10 /10», no 65, Montréal, Éditions Stanké, 1983. Réédition en 1998, Québec, Éditions du Septentrion.

 

Le fou, roman, Montréal, Éditions du Jour, 1975.

 

L’île aux fantômes, contes, précédés de Le journal d’automne, Montréal, Éditions du Jour, 1977. Édition remaniée, collection « Québec 10/10», no 107, Montréal, Éditions Stanké, 1988.

 

Philédor Beausoleil, roman, Paris, Éditions Robert Laffont et Montréal, Éditions Leméac 1978. Édition remaniée, Montréal, Éditions Libre Expression, 1985. Édition remaniée en 1999, Nicolet, Les Éditions Grands Arbres.

 

Poèmes, rétrospective des poèmes (1956-1982) regroupant Les cris, Le livre de l’herbe, Le livre du soleil, Soleil de bivouac, Poèmes posthumes, Blues, Le mangeur de neige, Le château fort du feu, Le beau jour jaune, Le printemps, Nuit fruit fendu, L’oiseau rivière, Amoureuses, Saint- Lambert, Éditions du Noroît, 1983.

 

La fille arc-en-ciel, nouvelles, Montréal, Éditions Libre Expression, 1983.

 

Le violon vert, poèmes, Trois-Rivières, Écrits des Forges, 1987.

 

L’arbre de mots, poèmes, Trois-Rivières, Écrits des Forges, 1988.

 

La vie en fleurs, nouvelles, Montréal, XYZ Éditeur, 1988.

 

Le violon soleil, poèmes, Trois-Rivières, Écrits des Forges, 1990.

 

L’Atlantidien, nouvelles, Saint-Lambert, Éditions Héritage, 1991.

 

L’ombre d’or, poèmes, Trois-Rivières, Écrits des Forges, 1993.

 

L’enfance est une île, nouvelles, Montréal, Éditions Triptyque, 1997.

 

La porte du soleil, poèmes, Trois-Rivières, Écrits des Forges, 1997.

 

Grands arbres ce matin, anthologie des écrivain(e)s ayant vécu ou étudié à Nicolet, Nicolet, Les Éditions Grands Arbres, 1998.

 

Amoureuses, poèmes, volume regroupant les poèmes d’amour écrits entre 1958 et 1998, Trois-Rivières, Écrits des Forges, 1999.

 

Les chants, poèmes, Trois-Rivières, Écrits des Forges, 2001.

 

L’Éternîle, poèmes, Québec, Le loup de gouttière, 2002.

 

Le livre de la lumière, poèmes, Trois-Rivières, Écrits des Forges, 2003.

 

Le mal-né, seize études sur la poésie québécoise, Québec, Presses de l’Université du Québec, 2004.

 

Le château de sable, une vie d’écrivain, Québec, Ottawa, Éditions David, 2005.

 

Les ailes de la mer, poèmes, Trois-Rivières, Écrits des Forges, 2006.

 

 

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Pierre Chatillon se fera un grand plaisir de lire et de répondre personnellement à vos courriels.

 

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