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COUVERTURE
Au temps de Jeune
Nation - Les écrits polémiques d'un
contre-révolutionnaire tranquille,
Histoire,
Jean-Claude Dupuis, Ph.D., Fondation littéraire Fleur de Lys. |
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RÉSUMÉ & PRÉSENTATION
Au temps de Jeune
Nation - Les écrits polémiques d'un
contre-révolutionnaire tranquille,
Histoire,
Jean-Claude Dupuis, Ph.D., Fondation littéraire Fleur de Lys.
RÉSUMÉ
Jean-Claude Dupuis a dirigé, de 1992 à 1995, les
Cahiers de Jeune Nation, une publication qui
se présentait comme la “revue de la droite nationale
au Québec”. Le Cercle Jeune Nation voulait faire
renaître l’école de pensée nationaliste
canadienne-française du chanoine Lionel Groulx pour
combattre les valeurs dominantes de la société
québécoise contemporaine : l’individualisme libéral,
l’étatisme social-démocrate, l’égalitarisme
pédagogique, le relativisme moral et le
multiculturalisme mondialisant. Ce petit groupe
d’intellectuels marginaux et anticonformistes osait
ramer à contre-courant en critiquant les paradigmes
de la sacro-sainte Révolution tranquille. Il
s’attaquait notamment au “nationalisme officiel” du
Parti Québécois, qui commettait l’erreur de
dissocier le projet indépendantiste du nationalisme
identitaire canadien-français. Les organisations
d’extrême-gauche et certains médias ont accusé Jeune
Nation de “racisme” et de “fascisme”, par la
tactique de l’amalgame, propre au néo-maccarthysme
de la rectitude politique. L’Affaire Jeune Nation a
soulevé un âpre débat au sein de la prestigieuse
Ligue d’Action Nationale. En réalité, le Cercle
Jeune Nation se composait surtout de nationalistes
canadiens-français traditionnels, plus ou
nostalgiques du Québec duplessiste. Mais les
bien-pensants paraissaient déstabilisés par son
discours à la fois conservateur et intelligent.
L’ancien directeur des Cahiers de Jeune Nation,
qui se qualifie de “contre-révolutionnaire
tranquille”, a rassemblé dans cet ouvrage ses écrits
polémiques pour défendre et illustrer une certaine
idée du Canada français : un nationalisme intégral
fondé sur l’union de la foi catholique et de la
culture classique française. L’auteur invite les
Québécois à “reconstituer la plénitude de leur vie
française” et à s’opposer à l’idéologie mondialiste,
qui cherche à supprimer les patries pour instaurer
une gouvernance planétaire de type orwellien. Le
retour au réel par l’enracinement culturel pourrait
libérer l’humanité de la tyrannie du matérialisme et
du relativisme, qui prétend faire de nous des
“esclaves heureux”.

PRÉSENTATION
Wikipédia décrit le Cercle Jeune Nation de
la manière suivante : “Le Cercle Jeune Nation
est un ancien groupe ultranationaliste du Québec,
classé à l'extrême-droite selon des militants
antifascistes. Il a été fondé en 1986. Le groupe est
disparu en 1996. Le Cercle Jeune Nation se
revendiquait de la droite dite nationale, dans une
optique de défense de l'identité
canadienne-française. Cercle de réflexion contre
l'avortement, l'immigration de non-européens,
anti-multiculturaliste, antimaçonnique, antilibéral,
le Cercle s'inspirait à sa fondation des droites
radicales européennes, autant par anticommunisme que
par antilibéralisme .”
Les informations sont relativement exactes, bien que
le texte soit court et péjoratif. Les références
montrent que les auteurs de la notice se sont
appuyés uniquement sur l’opinion des groupes
d’extrême-gauche. Quelques années auparavant,
Wikipédia avait publié un article beaucoup plus
élaboré sur le même sujet. Le texte n’était certes
pas favorable au nationalisme de droite, mais il
présentait le Cercle Jeune Nation comme un
mouvement intellectuel sérieux et articulé. J’étais
plutôt satisfait de la manière dont il exposait mes
propres idées politiques et religieuses. Mais
Wikipédia a ensuite supprimé cet article, que je
n’ai malheureusement pas sauvegardé, pour le
remplacer par la brève notice citée plus haut.
Certains collaborateurs de l’encyclopédie numérique,
soi-disant “libre”, affirmaient que le seul fait
d’exposer impartialement notre idéologie revenait à
faire la “promotion de l’extrême-droite”.
En revanche, le chercheur Ivan Carel (UQAM) a publié
dans le Bulletin d’histoire politique une étude
succincte, mais plus professionnelle . Il conclut
que les Cahiers de Jeune Nation ont réussi à
“produire un discours certes non unifié mais
globalement cohérent, et qui surtout offrait un
espace respectable, jusque dans une certaine mesure,
à différentes voies de la droite québécoise, mais
aussi étrangère”.
Le discours de Jeune Nation avait irrité les
bien-pensants dans les années 1990, et il semble
encore agacer les dévots de la rectitude politique
vingt-cinq ans plus tard, puis¬qu’ils veulent
toujours le censurer. Comment se fait-il que les
idées “réactionnaires” d’un obscur groupuscule de
“pelleteux de nuages”, nostalgiques du Québec de la
“grande noirceur duplessiste”, et sans aucune
influence politique, aient pu soulever tant de
controverse? C’est sans doute parce que l’image du
Cercle Jeune Nation ne correspondait pas à
celle du Cro-Magnon raciste et inculte que les
organisations “antifascistes” veulent associer au
nationalisme identitaire. Les moralistes de la
rectitude politique sont déstabilisés par un
discours qui est à la fois conservateur et
intelligent.
Voyons plutôt la présentation officielle de notre
organisation, qui apparaissait sur la page
d’abonnement de la revue, que j’ai dirigée de sa
fondation en 1992 jusqu'à sa disparition en 1995 :
“Le Cercle Jeune Nation est un mouvement
d’action intellectuelle qui vise à définir et à
promouvoir une pensée nationale canadienne-française
fondée sur nos traditions politiques, culturelles et
religieuses. Nous luttons contre l’idéologie
mondialiste qui en¬tend détruire les particularismes
nationaux, priver l’humanité des richesses de la
diversité des peuples et des cultures, et créer un
homo oeconomicus américanisé, uni¬forme, sans idéal
social et spirituel. Les Cahiers de Jeune Nation
publient des textes de réflexion politique,
historique, culturelle et religieuse en accord avec
les principes de la droite nationale.”
Les Cahiers de Jeune Nation avaient adopté la maxime
suivante: “Notre doctrine, elle peut tenir tout
entière en cette brève formule : nous voulons
reconstituer la plénitude de notre vie française.” -
Lionel Groulx, L’Action française, 1921.
Notre but était de redécouvrir l’authentique culture
canadienne-française, qui avait été, à notre avis,
profondément altérée par le libéralisme et le
laïcisme de la Révolution tranquille. On nous a
qualifiés à tort de “racistes” et de “fascistes”.
Nous étions tout simplement des nationalistes
fidèles à l’esprit de nos pères. Notre combat était
une sorte de quête intérieure, la recherche de notre
“âme collective”, une réponse contemporaine à ce que
Lionel Groulx avait appelé, dans son célèbre roman,
L’appel de la race . Nous n’avions aucune hostilité
envers les étrangers. Nous faisions plutôt une
critique radicale des valeurs du Québec “moderne et
ouvert”, qui produisaient une sorte d’acculturation
volontaire de la nation canadienne-française.
Le Cercle Jeune Nation n’a eu, bien sûr,
aucun rayonnement politique. Mais il mérite
néanmoins de figurer dans l’histoire intellectuelle
du Québec parce qu’il a formé en son temps la seule
école de pensée qui osait remettre en question le
paradigme de la Révolution tranquille. J’ai donc cru
utile de rassembler dans cet ouvrage mes écrits
polémiques publiés dans les Cahiers de Jeune Nation,
ainsi que dans quelques autres revues militantes.
L’étiquette de “contre-révolutionnaire tranquille”
me convient bien; d’une part parce que je combats
effectivement les valeurs de la Révolution
tranquille : individualisme, matérialisme, laïcisme
et multiculturalisme; d’autre part parce que je suis
un homme plutôt tranquille, dans le sens que je
n’aime pas l’agitation sociale, l’anarchie
intellectuelle, la violence politique. Je suis
instinctivement un défenseur de “la loi et de
l’ordre”, mais également une sorte d’anticonformiste
de droite, un “libre réactionnaire” à la manière de
Léon Daudet. Parfois, je me demande si le Bon Dieu
ne m’aurait pas fait la grâce de vivre dans une
société libérale et laïque pour que je devienne, par
réaction, un “catholique intégriste”. J’avoue qu’il
y a peut-être un soupçon d’orgueil intellectuel dans
mon cheminement. Mais les voies de la Providence
sont impénétrables… Deo gratias!
Au Collège de l’Assomption, je soutenais dès mon
secondaire IV (1977-1978), et au grand scandale de
mon professeur d’histoire, que Maurice Duplessis
avait été un excellent premier ministre. Au Cégep de
Saint-Jérôme (1978-1980), je m’opposais aux élèves
qui contestaient l’autorité des professeurs, je
votais toujours contre les grèves étudiantes et je
discutais vigoureusement avec les militants
marxistes qui infestaient l’institution. Au
département d’histoire de l’Université de Montréal
(1980-1983), je me suis fait connaître, et détester,
pour mes positions anticommunistes et reaganiennes.
Je militais aussi dans le parti conservateur
(1982-1985), où j’avais la réputation d’être un
“Blue Tory”. J’ai finalement quitté le PC parce que
Brian Mulroney me paraissait trop libéral. À la
Faculté de droit (1984-1987), j’ai délaissé le
néo-conservatisme à la Ronald Reagan pour m’aligner
sur le nationalisme identitaire à la Jean-Marie Le
Pen. À la même époque, la lecture de Charles Maurras
me fit découvrir les erreurs philosophiques de la
démocratie. Sa défense de la culture classique et de
l’ordre catholique m’a ouvert les yeux sur la crise
de la civilisation moderne : le problème remontait à
la Révolution française de 1789, voire à la Réforme
protestante de 1517. J’ai ensuite lu la Lettre
ouverte aux catholiques perplexes de Mgr Marcel
Lefebvre (1985). À ce moment, je n’avais pas encore
la foi, mais j’avais été attiré par la réputation
d’anticommunisme que les médias accolaient à Mgr
Lefebvre. J’ai compris que le Concile Vatican II
avait été une sorte de révolution libérale à
l’intérieur de l’Église. C’est pourquoi le clergé
catholique, qui était autrefois si conservateur,
était devenu si progressiste. Je me suis alors dit
que si je me convertissais un jour à la religion
catholique, ce serait au catholicisme traditionnel,
et non pas au catholicisme moderniste, qui se
faisait l’écho de tous les slogans de gauche que
j’abhorrais. J’ai finalement adhéré à la foi
catholique en 1990, après avoir abandonné la
profession d’avocat pour revenir à l’étude de
l’histoire. Simple coïncidence ou signe du ciel?
À 30 ans, mes convictions étaient fixées. Je me suis
alors engagé dans un militantisme intellectuel qui
m’a fermé bien des portes sur le plan professionnel,
mais qui m’a ouvert de vastes horizons sur le plan
spirituel. Ce fut d’abord l’aventure des Cahiers de
Jeune Nation, qui secoua au passage la vénérable
Ligue d’Action nationale. Ce fut ensuite le Cercle
d’étude des jeunes catholiques traditionalistes
(CEJCT) de l’Université Laval, qui fit beaucoup de
bruit sur le campus en dénonçant entre autre la
“croisade du condom”. Ce sont maintenant les
Journées québécoises du Christ-Roi (Fraternité
Saint-Pie X), où l’on enseigne la doctrine sociale
de l’Église fondée sur l’union du nationalisme et du
catholicisme : “La langue gardienne de la foi.”
Mais
la plus grande satisfaction de ma vie militante
reste mes cours d’histoire. Quel plaisir que
d’éveiller les âmes des adolescents aux grandeurs du
passé. Le réflexe naturel de l’homme de droite,
c’est de prendre le parti des Anciens contre les
Modernes. L’Âge d’Or se trouve dans le passé, et non
pas dans le présent ni dans l’avenir. Nous le
savions depuis Hésiode et Homère. Le sombre Siècle
des Lumières nous l’a fait oublier. Il faut
redécouvrir cette vérité essentielle. On nous
répondra sans doute qu’il est impossible de “revenir
en arrière”. Voilà un argument qui démontre
l’étroitesse de vue des progressistes. Il ne s’agit
évidemment pas de faire revivre le passé, mais de
s’inspirer du passé pour construire l’avenir, au
lieu d’idolâtrer le présent pour pétrifier l’état de
la société, avec toutes ses injustices et ses
immoralités. L’histoire est le pire ennemi du
totalitarisme.
Jésus-Christ était lui-même un “réactionnaire”
puisqu’il voulait restaurer l’esprit de la Loi de
Moïse, qui avait été défiguré par les “novateurs” de
l’école pharisaïque. Mais il déclencha la plus
grande révolution de tous les temps. La Vérité n’est
donc ni de droite ni de gauche : elle est d’en Haut,
comme l’indiquait le logo du Cercle Jeune Nation.
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SOMMAIRE
Au temps de Jeune
Nation - Les écrits polémiques d'un
contre-révolutionnaire tranquille,
Histoire,
Jean-Claude Dupuis, Ph.D., Fondation littéraire Fleur de Lys.
RÉSUMÉ
SOMMAIRE
PRÉSENTATION
PARTIE I - AU TEMPS DE JEUNE NATION
PARTIE II - LES MOTS DU DIRECTEUR
LA RÉACTION NATIONALISTE
CRITIQUER LA RÉVOLUTION TRANQUILLE
LE RÉFÉRENDUM DE CHARLOTTETOWN
L’ANTICAPITALISME
LE POUVOIR DES BANQUES
L’ÉCOLOGISME TOTALITAIRE
LE SIDA ET JEAN-JACQUES
À PROPOS DE LUCIEN BOUCHARD
LA SCIENCE ÉCONOMIQUE
LE RÉFÉRENDUM SUR LA SOUVERAINETÉ
PRO-VIE ET PRO-MORT
LA FIN DES CAHIERS DE JEUNE NATION
PARTIE III - LE NATIONALISME INTÉGRAL
CHAPITRE 1 - LE RETOUR DE CITÉ LIBRE
CHAPITRE 2 - AMALGAMES D’ESTHER DELISLES
CHAPITRE 3 - RÉPONSE À FRANCINE PELLETIER
CHAPITRE 4 - -JEUNE NATION : LES HÉRITIERS DE
LIONEL GROULX
CHAPITRE 5 - LE NATIONALISME DU CERCLE JEUNE
NATION
CHAPITRE 6 - L’ACTION NATIONALE ET L’AFFAIRE
JEUNE NATION
CHAPITRE 7 - LETTRE À L’ACTION NATIONALE
CHAPITRE 8 - BILAN DES CAHIERS DE JEUNE NATION
PARTIE IV - LA PRIMAUTÉ DU SPIRITUEL
CHAPITRE 9 - POLITIQUE ET RELIGION
CHAPITRE 10 - DIEU PREMIER SERVI
CHAPITRE 11 - GAUDIUM ET SPES
CHAPITRE 12 - -HISTOIRE DE LA FRATERNITÉ
SAINT-PIE X
CHAPITRE 13 - -CHARITÉ BIEN ORDONNÉE…
PARTIE V - LES TRAVAUX ET LES JOURS
CHAPITRE 14 - RENÉ DE LA TOUR DU PIN ET LE
CORPORATISME
CHAPITRE 15 - L’ACTION FRANÇAISE ET LE PROBLÈME
ÉCONOMIQUE
CHAPITRE 16 - LE PÈRE FAHEY ET LE SYSTÈME
FINANCIER
CHAPITRE 17 - L’ÉCONOMIE CHRÉTIENNE SELON
TAPARELLI D’AZEGLIO
PARTIE VI - L’HISTOIRE MAÎTRESSE DE VIE
CHAPITRE 18 - L’HISTOIRE ET LA CONSCIENCE
NATIONALE
CHAPITRE 19 - DOLLARD DES ORMEAUX
CHAPITRE 20 - D’IBERVILLE LE CONQUÉRANT
CHAPITRE 21 - MGR FRANÇOIS DE LAVAL
CHAPITRE 22 - MAURICE DUPLESSIS UN GRAND
CATHOLIQUE
PARTIE VII - LE PROBLÈME CONSTITUTIONNEL
CHAPITRE 23 - UN VOTE STRATÉGIQUE POUR LE PARTI
QUÉBÉCOIS?
CHAPITRE 24 - LE NON DE LA DROITE NATIONALE
CHAPITRE 25 - OUI MALGRÉ TOUT
PARTIE VIII - LA VOIX DE L’AMÉRIQUE
CHAPITRE 26 - LA MENACE SOVIÉTIQUE PENSER LA
GUERRE NUCLÉAIRE
CHAPITRE 27 - OMBRE ROUGE EN AMÉRIQUE CENTRALE
CHAPITRE 28 - DONALD TRUMP VU DE DROITE
PARTIE IX - DES LIVRES ET DES IDÉES
LA DÉMOCRATIE CLÉRICALE
L’ACTION FAMILIALE ET SCOLAIRE
NOTRE-DAME DE FATIMA
LA MESSE LATINE
LE SAINT SUAIRE DE TURIN
LES TRADITIONALISTES À L’UNIVERSITÉ LAVAL
LE SIÈCLE DE L’ABBÉ GROULX
LE NATIONALISME ÉCONOMIQUE
LE DÉSORDRE ÉCONOMIQUE MONDIAL
UN ÉLOGE IMMÉRITÉ DU CAPITALISME
UN GUIDE POUR LES CHEFS D’ÉTAT
SA MAJESTÉ FÉLIX 1er DE CÔTE D’IVOIRE
LA CORRESPONDANCE DE LIONEL GROULX
LE LIBÉRALISME CANADIEN-FRANÇAIS
L’AUTRE VISAGE D’ISRAËL
LA GÉOPOLITIQUE AFRICAINE
JUAN CARLOS D’ESPAGNE
QUE PENSER DE PIERRE KARL PÉLADEAU?
UN REGARD FRANÇAIS SUR LE NATIONALISME QUÉBÉCOIS
AU SUJET DE L’AUTEUR
DU MÊME AUTEUR
COMMUNIQUER AVEC L’AUTEUR
TABLE DES MATIÈRES
ÉDITON ÉCOLOGIQUE
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EXTRAIT
Au temps de Jeune
Nation - Les écrits polémiques d'un contre-révolutionnaire tranquille,
Histoire,
Jean-Claude Dupuis, Ph.D., Fondation littéraire Fleur de Lys.
PARTIE I - AU TEMPS DE JEUNE NATION (1992-1995)
Entretien avec Le Harfang
HARFANG : Il existe
aujourd’hui très peu de sources parlant de l’aventure de Jeune Nation. Si
l’extrême-gauche en donne une version biaisée, sur laquelle l’article de
Wikipédia se base, il n’y a pas de source autre que les Cahiers du Cercle
Jeune Nation, que l’on ne peut maintenant trouver qu’à la Bibliothèque
nationale du Québec. Pourriez-vous nous dresser un portrait de ce qui fut
une des principales organisations nationales de l’après Révolution
tranquille?
C’est un peu
excessif de qualifier le Cercle Jeune Nation de “l’une des principales
organisations
nationales de l’après Révolution tranquille”. C’était simplement un groupe
d’une dizaine d’intellectuels qui publia, de 1992 à 1995, une
revue trimestrielle photocopiée de 44 pages, diffusée à une centaine
d’exemplaires. Nous étions avant l’internet. Aujourd’hui, nous ferions un
blog qui rejoindrait plus de lecteurs, mais qui n’aurait pas nécessairement
plus d’influence. Cependant, il faut souligner que Jeune Nation était alors
le seul mouvement qui se réclamait encore du nationalisme groulxien ou de ce
que l’on appelait la “droite nationale”, une expression empruntée au Front
national de Jean-Marie Le Pen.
Le Cercle
Jeune Nation avait été fondé en 1986 par François Dumas et Rock Tousignant.
Pendant quelques années, ils ont publié un bulletin militant de 8 pages. Ils
avaient pris le nom d’un mouvement français d’extrême-droite qui avait été
fondé en 1949 par d’anciens pétainistes, les frères Jacques et Pierre Sidos,
et qui avait été interdit en 1958 dans le contexte de la Guerre d’Algérie.
Jeune Nation France existe toujours sous forme de site internet. Dumas et
Tousignant voulaient faire de l’action politique plutôt qu’intellectuelle.
Ils avaient établi quelques contacts avec les jeunes du parti conservateur.
J’avais d’ailleurs vaguement entendu parler de Jeune Nation au temps ou je
militais dans le parti conservateur (ô folle jeunesse!). Ils avaient
également des contacts avec le Ralliement provincial des parents catholiques
du chanoine Achille Larouche et l’Action familiale et scolaire (France)
d’Arnaud de Lassus. Je me souviens d’avoir assisté, en 1990, à une
intéressante conférence de l’amiral Michel Berger (AFS) sur la crise du
Koweït. Ce fut mon premier contact avec Jeune Nation.
En 1991, je faisais à
l’Université de Montréal une maîtrise en histoire sous la
direction de Pierre Trépanier. Mon sujet de recherche était
Nationalisme et
catholicisme :
L’Action française de Montréal (1917-1928).
Cette revue, dirigée par Lionel Groulx, avait été le fer de lance du
nationalisme canadien-français dans l’entre-deux-guerres. Je voulais faire
des Cahiers de
Jeune Nation une sorte de nouvelle
Action française. Mon
enthousiasme de jeunesse aurait pu être modéré par la lecture de la fable de
Lafontaine, La
grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf. Le
Québec avait changé depuis les années 1920, et les collaborateurs des
Cahiers Jeune
Nation n’étaient pas du niveau de ceux de
L’Action
française. Mais au royaume des aveugles, les borgnes sont
rois. Nous étions alors les seuls nationalistes à remettre en question la
social-démocratie, le multiculturalisme et le laïcisme issus de la
Révolution tranquille. Dans les années 1980, la revue
L’Analyste
avait fait quelques critiques intéressantes de l’État-Providence, mais d’un
point de vue néolibéral plutôt que traditionaliste. Jeune Nation prenait le
taureau par les cornes en disant clairement que le Québec de Maurice
Duplessis était supérieur au Québec de René Lévesque, pour prendre des
figures emblématiques.
Pierre
Trépanier m’a présenté les gars de Jeune Nation : François Dumas, Rock
Tousignant et Gilbert Gendron. Mes amis du département d’histoire, Jacques
Léonard et Sylvain Boudreault, assistaient également à la rencontre. Nous
avons immédiatement sympathisé. Nos divergences idéologiques n’apparaîtront
que plus tard. Trépanier voulait fonder une revue de droite sous le nom de “Doctrines”.
J’ai suggéré de l’appeler plutôt “Jeune
Nation” pour obtenir la collaboration des trois gars, qui
étaient remarquablement cultivés et brillants. Le truc a marché. François
Dumas restait le président du Cercle, et moi je devenais le directeur de la
revue. Nous l’avons baptisée “Cahiers
de Jeune Nation” pour lui donner une allure plus “académique”.
À vrai dire, je n’aimais pas vraiment le nom de “Jeune Nation”. À mes
oreilles, ça sonnait trop français et trop fasciste. Ça me rappelait les
mouvements libéraux du XIXe siècle, comme
Jeune-Italie
ou Jeune-Turc,
voire le
Jeune-Canada du traître André Laurendeau dans les années 1930.
J’aurais préféré un titre qui nous aurait davantage rattachés au
nationalisme canadien-français traditionnel. Néanmoins, j’ai proposé de
garder ce nom pour unir nos forces, et en me disant que le titre n’était pas
le contenu.
L’Action française de Lionel Groulx portait le même nom que le
journal de Charles Maurras, sans être ni royaliste ni positiviste. Je me
suis donc rallié au nom de Jeune Nation, même si les frères Sidos ne me
disaient absolument rien. J’ai pris ma revanche en faisant adopter, comme
devise de la revue, une citation de Lionel Groulx : “Notre
doctrine, elle peut tenir tout entière en cette brève formule : nous voulons
reconstituer la plénitude de notre vie française.” L’idée
maîtresse des
Cahiers de Jeune Nation, c’était que le Québec avait été
dénationalisé par la Révolution tranquille, que les Canadiens français
avaient été assimilés par l’intérieur, américanisés par l’idéologie
libérale. Il fallait, et il faut encore, reconstruire notre identité
nationale, redécouvrir notre authentique personnalité collective. Le Cercle
Jeune Nation employait le terme “Canadien français” au lieu de “Québécois”.
Ça résumait notre vision identitaire. Mais ce fut mal compris par certains
groupes nationalistes, comme le Mouvement pour une immigration restreinte et
francophone (MIREF) et le Comité pour le réveil indépendantiste (CRI).
HARFANG : Jeune Nation
rassemblait des gens représentant plusieurs tendances, que ce soit au plan
religieux (traditionalistes et catholiques dits culturels), politique
(certains ont appuyé le NON, d’autres le OUI au référendum de 1995).
Qu’est-ce qui unissait les membres du Cercle?
Le terrain commun, qui ne fut jamais discuté, c’était la nation
canadienne-française.
Nous voulions défendre le peuple qui avait colonisé la vallée du
Saint-Laurent au temps de la Nouvelle-France et qui luttait pour sa
survivance depuis la Conquête anglaise. Les idéologies que nous entendions
combattre étaient la social-démocratie à la suédoise du Parti québécois et
le néolibéralisme à l’américaine du Parti libéral. Nous rejetions également
le multiculturalisme et “l’immigration-invasion”. Nous étions tous en faveur
de l’indépendance du Québec, à l’exception de Gilbert Gendron.
Cependant,
il n’y avait pas une parfaite unité entre nous. Il y eut, bien sûr, des
conflits de personnalités, comme dans toute organisation : c’est humain,
trop humain, disait Nietzsche. Mais c’est surtout la question religieuse qui
nous divisait. Nous avions tous de l’admiration pour le Canada français
catholique d’autrefois, mais nous ne voulions pas tous rétablir dans le
présent l’union de la langue et de la foi. En outre, une divergence d’ordre
“stratégique” se profilait derrière la question religieuse. Le Cercle Jeune
Nation devait-il privilégier l’action politique ou l’action intellectuelle?
Rock Tousignant appelait cela le conflit entre les “politiques” et les
“religieux”. L’expression vaut ce qu’elle vaut, mais je peux l’accepter.
Pierre
Trépanier était, à mon avis, un libéral conservateur plutôt qu’un véritable
contre-révolutionnaire. C’était un nostalgique du duplessisme, mais il ne
croyait ni possible ni souhaitable de revenir à une société intégralement
catholique. Trépanier avait la foi, mais sa vision du monde restait marquée
par un certain scepticisme voltairien. Il se disait sincèrement démocrate.
C’était en quelque sorte un démocrate-chrétien de tendance conservatrice,
comme il y en eut beaucoup entre 1930 et 1960. Il restait imprégné par le
substrat idéologique qui avait préparé, plus ou moins consciemment, la
Révolution tranquille. Il se moquait de mon intégrisme catholique.
L’article de Pierre
Trépanier, Une
doctrine pour la droite?, qui parut dans le premier
numéro des
Cahiers de Jeune Nation, souleva une tempête médiatique à
cause d’une phrase : “Le
Front national de Jean-Marie Le Pen fournit un modèle à imiter.” Jeune
Nation subit alors un lynchage médiatique en règle, comme tous ceux qui
osent contester la rectitude politique. L’Affaire Trépanier nous a fait
connaître, mais à quel prix! Trépanier a été démis de sa fonction de
directeur de la prestigieuse
Revue d’histoire de l’Amérique française
et il a été “brûlé” dans le milieu universitaire, tout comme moi d’ailleurs.
Jeune Nation fut étiquetée “extrême-droite”, et plus personne ne s’intéressa
à notre discours, en dehors des milieux, fort restreints, qui résistaient
encore à l’esprit de la Révolution tranquille.
Le professeur Trépanier n’a
jamais écrit d’autres articles dans les
Cahiers de Jeune
Nation.
Il a quitté soudainement le Cercle, en 1993, pour d’obscures raisons
personnelles. Je pense
qu’il voulait être considéré comme le “maître à penser” du groupe. Mais
chacun d’entre nous avait déjà des idées bien arrêtées. Nous n’avions nul
besoin de maître à penser. En pratique, c’était plutôt mon leadership qui
s’imposait. J’ai le sens de l’organisation, ce qui est rare pour un
intellectuel. J’avais démontré cette qualité lorsque je militais au parti
conservateur (1982-1985). Mon discours était plus radical, et donc plus
mobilisant que celui de Trépanier. Le Cercle Jeune Nation semblait être
devenu “mon”
affaire, ce qui déplut non seulement à Pierre Trépanier, mais aussi aux
fondateurs du groupe, François Dumas et Rock Tousignant. Les
querelles de “chefs-singes” divisent trop souvent les mouvements
politiques, et surtout les groupuscules radicaux, de droite ou de gauche,
qui ne peuvent aspirer à prendre le pouvoir et à se consoler par le
patronage.
Par
ailleurs, je dois avouer que je n’avais pas toujours la diplomatie requise
dans les rapports avec mes collaborateurs. Ma personnalité cassante a pu en
froisser plus d’un. On me trouvait trop autoritaire. Les gens de droite sont
curieux. Ils pourfendent la démocratie, tout en restant foncièrement
démocrates. On me reprochait de prendre des décisions sans convoquer de
réunions formelles, après avoir simplement consulté les membres par
téléphone. Je ne respectais, disait-on, ni la lettre ni l’esprit des statuts
du Cercle. Il
aurait fallu délibérer, voter, trouver un consensus. La mentalité
démocratique nous imprègne jusqu’à la moelle.
François
Dumas était, lui aussi, un conservateur plutôt qu’un réactionnaire. C’était
un catholique pratiquant qui préférait, avec raison, la messe de rite
byzantin à l’insipide messe moderne. Mais sa critique de l’Église
postconciliaire manquait de profondeur. Il condamnait la Révolution
tranquille, sans comprendre que cette dernière n’était que l’application
québécoise du Concile Vatican II. Il combattait l’effet sans remonter à la
cause. Il admettait le principe de la séparation entre l’Église et l’État.
Par conviction ou par opportunisme? Je ne sais pas. Au fond, il rêvait d’un
engagement politique concret, de type électoral. Il aurait aimé que le
Cercle Jeune Nation devienne le laboratoire d’idées (Think
Tank) d’une imaginaire “aile droite” du Parti québécois. Il ne
s’opposait pas foncièrement à mon discours catholique, mais il craignait
qu’il ne nous marginalise trop pour que l’on puisse exercer la moindre
influence où que ce soit. Il était laïciste par opportunisme politique; un
opportunisme qui ne me semblait pas très opportun puisque nous étions déjà
irrévocablement marginalisés à cause de notre discours sur l’immigration.
Rock
Tousignant avait les idées plus claires, et à ce titre je crois qu’il a été
mon principal “adversaire” au sein du Cercle Jeune Nation. Sur le plan
religieux, il était athée ou du moins agnostique. Il respectait l’héritage
patrimonial de l’Église catholique, mais sans plus : le curé au musée. Sur
le plan politique, je le qualifiais de “fasciste de gauche”, et il ne
récusait pas l’étiquette. Il se présentait comme la “conscience ouvrière” de
Jeune Nation. À cette époque, il travaillait dans une usine. Il
s’intéressait à l’histoire de tous les groupuscules européens
d’extrême-droite. Je me demande s’il n’était pas au fond un peu anarchiste,
un passionné de la révolution, qu’elle soit de droite ou de gauche, ou mieux
encore ni de droite ni de gauche, suivant l’expression de Zeev Sternhell.
Tousignant était résolument “moderne”, à la manière des fascistes des années
1930. Il n’était pas, comme moi, un “passéiste”, nostalgique de l’Ancien
Régime. C’était surtout un activiste qui rêvait de fonder un parti
politique.
Gilbert
Gendron était un catholique traditionaliste qui assistait à la messe latine
à l’église Sainte-Cunégonde, à Montréal. Il ne se faisait pas d’illusions
sur nos possibilités d’action politique, mais c’était, lui aussi, un
activiste plutôt qu’un intellectuel. Il se démarquait des autres membres du
Cercle par son option fédéraliste. Il n’a jamais vraiment exposé ses motifs,
sans doute parce qu’il était seul de son camp. Il estimait que le problème
de la dénatalité était plus pressant que celui du statut constitutionnel du
Québec, et je ne saurais lui donner tort sur ce point. Il était parfaitement
bilingue et il avait plusieurs contacts au Canada anglais. C’était certes un
défenseur de la langue française, mais son nationalisme ressemblait un peu à
celui d’Henri Bourassa. Gendron m’a soutenu lorsque Dumas et Tousignant ont
explosé à cause d’un texte que j’avais écrit au sujet des apparitions
mariales de Fatima. Il estimait qu’un article purement religieux pouvait
avoir sa place dans les
Cahiers de Jeune Nation,
contrairement aux deux autres qui trouvaient cela trop bigot.
François
Dumas et Roch Tousignant ont d’ailleurs présenté leur démission, en octobre
1994, après la publication de cet article sur Notre-Dame de Fatima. “Ton
fils sera un signe de contradiction”, disait le vieillard Siméon. Ce fut le
cas pour le Cercle Jeune Nation. Les démissionnaires affirmaient que “la
ligne réactionnaire et contre-révolutionnaire,
à peine épurée de ses archaïsmes historiques”, que je représentais, était
incompatible avec le “nationalisme moderne”, qu’ils représentaient.
“L’œcuménisme de droite”, qui avait théoriquement présidé à la fondation du
Cercle Jeune Nation, devait donc se comprendre ainsi : les catholiques
pouvaient soutenir un mouvement nationaliste, mais pas le diriger.
Tous les autres membres du
Cercle on appuyé ma position. Sylvain Boudreault, Jacques Léonard, Gilbert
Gendron, Martin Langevin, Pierre Saint-Ours et Jean Santerre étaient tous
catholiques, avec une tendance “guénonienne” pour Santerre. Ils étaient
d’accord avec moi sur le fait que nous n’avions pas les moyens de mener une
action politique concrète, et que nous devions, en conséquence, nous
contenter de faire une action intellectuelle en défendant la pure vérité,
sans tenir compte de la moindre
“stratégie”. La vérité était
notre seule arme, et nous n’avions aucun intérêt à l’émousser.
Les
Cahiers de Jeune Nation n’étaient pas fermés aux
non-catholiques, mais les non-catholiques ne devaient pas demander aux
catholiques de taire leurs convictions religieuses, d’autant plus qu’ils
étaient maintenant minoritaires dans le groupe.
Cependant, je dois souligner
que les catholiques du Cercle Jeune Nation n’ont pas approuvé mon adhésion,
vers 1993, à la Fraternité Saint-Pie X, fondée par Mgr Marcel Lefebvre. Je
consacrais beaucoup de temps au Cercle d’étude des jeunes catholiques
traditionalistes (CEJCT) de l’Université Laval, où je faisais ma thèse de
doctorat. Je ne me désintéressais pas de Jeune Nation, mais je commençais à
m’orienter ailleurs, à passer à une autre étape de ma vie intellectuelle et
militante. Mon évolution n’a pas soulevé de débat entre nous, mais elle a
fait en sorte que je me suis senti un peu isolé dans le groupe que je
dirigeais. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai décidé, en accord avec
les autres membres, de cesser la publication des
Cahiers de Jeune Nation, en
septembre
1995. Mais la principale
raison, c’était surtout la fatigue du directeur et de toute l’équipe.
HARFANG : Quels étaient les
objectifs et les actions du Cercle Jeune Nation?
Les
divergences d’opinion entre les membres du Cercle Jeune Nation ne nous ont
pas empêchés de produire un travail remarquable pendant trois années. Nous
avions malgré tout plus d’affinités que d’oppositions. Nos discussions
étaient conviviales et d’un niveau élevé. J’ai gardé un bon souvenir de
cette époque d’intense vie intellectuelle. Nous refaisions le monde autour
d’un bon pichet de bière, et parfois deux ou plus! Un jour, François Dumas
nous fit remarquer qu’à notre époque, une telle liberté de pensée ne se
voyait qu’à droite, et il avait raison. Je n’ai jamais retrouvé par la suite
un pareil groupe
d’amis, capables de critiquer aussi profondément l’idéologie dominante
de la société contemporaine. Une fois, nous avons soupé avec le philosophe
français Claude Polin à la Taverne Magnan, la seule taverne de Montréal qui était
encore réservée aux hommes : ce qui n’était pas politiquement
très correct. Polin avait été impressionné par la qualité de notre discours.
On tenait bien la route.
L’objectif
du Cercle Jeune Nation était de “former, informer et regrouper”, pour
reprendre l’expression de nos statuts. Nous voulions préparer le terrain
intellectuel d’un futur parti politique de droite, dans le style du Front
national. Mais j’envisageais cette préparation sous une forme plus
doctrinale, moins immédiatement militante. Il fallait
élaborer une
“pensée nationale”, redécouvrir les fondements de notre identité collective,
appliquer au Québec d’aujourd’hui les principes du nationalisme
canadien-français traditionnel. Il s’agissait finalement d’actualiser la
doctrine groulxiste, de moderniser le discours de
L’Action
française. Pas besoin de réinventer la roue ou de concevoir
une cité utopique. Il suffisait de rappeler et de répéter les vérités
politiques intangibles, mais en les situant dans le contexte actuel avec un
langage contemporain.
La revue,
les conférences et les rencontres personnelles ont été nos moyens d’action.
Malgré nos efforts, nous n’avons jamais réussi à percer le mur médiatique.
Les journalistes parlaient parfois de nous, mais pour nous utiliser comme
repoussoir plutôt que pour rapporter nos prises de position. C’était la
méthode habituelle de l’amalgame avec d’autres groupuscules comme le Ku Klux
Klan, les Skin
Head ou les néo-nazis. Je me souviens d’un journaliste de
Radio-Canada qui avait laissé entendre que nous encouragions les jeunes à
commettre des actes criminels. Quel manque de professionnalisme! Et l’on ne
nous donnait jamais la parole. Vers 2000, un recherchiste de l’ONF m’a
téléphoné pour une entrevue dans le cadre d’un film consacré à
l’extrême-droite au Québec. J’ai refusé de participer à ce montage de
propagande gauchiste. Le réalisateur de ce pseudo-documentaire aurait été
trop heureux de m’instrumentaliser pour mettre un “visage” sur le “fascisme
québécois”. Il ne faut s’attendre à aucune honnêteté de la part des
journalistes, un point c’est tout. Évitons de tomber dans leurs pièges.
Les
meilleurs textes des
Cahiers de Jeune Nation ont
sans doute été notre dossier sur l’économie (septembre 1994) et nos analyses
des référendums de 1992 sur l’Accord de Charlottetown (Le
NON de la droite nationale) et de 1995 sur la
souveraineté-partenariat (OUI malgré tout). Le grand économiste François-Albert
Angers (1909-2003) nous a fait l’honneur de participer à notre séminaire sur
la pensée économique d’Esdras Minville (1896-1975). Il voyait en Jeune
Nation les dignes successeurs du combat nationaliste qu’il avait lui-même
mené depuis les années 1930. Nous avons organisé plusieurs activités en
collaboration avec le
Centre d’Information nationale Robert
Rumilly du chanoine Larouche, le
Cercle d’étude des jeunes catholiques
traditionalistes de l’abbé Keith Roscoe (Fraternité Saint-Pie
X) et L’Action
familiale et scolaire d’Arnaud de Lassus. Je garde un souvenir
impérissable du baron de Lassus, grand catholique et grand patriote de la
Vieille France. Il fut pour moi un véritable “maître à penser”. Le
professeur Dimitri Kitsikis (Université d’Ottawa) a accepté de nous faire
une conférence sur le nationalisme, sans craindre les réactions hystériques
du milieu universitaire. Nous avons publié les articles de quelques
prestigieux collaborateurs comme Thomas Molnar (Université de Budapest),
Jean-Pierre Brancourt (Université de Tours), Claude Polin (Université Paris
IV-Sorbonne) et l’abbé Benoît Lemaire (Cégep de Drummondville).
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Au temps de Jeune
Nation - Les écrits polémiques d'un
contre-révolutionnaire tranquille,
Histoire,
Jean-Claude Dupuis, Ph.D., Fondation littéraire Fleur de Lys.
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AU SUJET DE L'AUTEUR - BIOGRAPHIE
Jean-Claude Dupuis, Ph.D.
Né
en 1961, Jean-Claude Dupuis a étudié au Collège de
L’Assomption, au Cégep de Saint-Jérôme, à
l’Université de Montréal et à l’Université Laval.
Diplômé en histoire, en droit et en pédagogie, il
fut procureur de la couronne pendant quelques années
avant de faire une maîtrise sur
L’Action française de Montréal
(1917-1928),
sous la direction de Pierre Trépanier, et un
doctorat sur
Mgr
Elzéar-Alexandre Taschereau et le catholicisme
libéral au Canada français (1820-1898),
sous la codirection de Brigitte Caulier et Nive
Voisine. Spécialisé en histoire intellectuelle et
religieuse du Québec des XIXe et XXe
siècles, boursier du Fonds FCAR et du CRSHC, il a
présenté plusieurs communications dans les sociétés
savantes et publié des articles dans diverses
revues, notamment la
Revue d’histoire de l’Amérique
française, L’Action nationale, Études d’histoire
religieuse et
Le Sel de la Terre.
Il a remporté le Prix Guy-Frégault (1994), décerné
par l’Institut d’histoire de l’Amérique française,
pour son article sur “La
pensée économique de L’Action française”.
Il enseigne présentement l’histoire et la
géographie, ainsi que l’éthique et culture
religieuse à l’École Sainte-Famille (Lévis), une
institution catholique traditionnelle liée à la
Fraternité Saint-Pie X. Se considérant comme un
héritier du nationalisme groulxien, il n’hésite pas
à critiquer le bilan de la Révolution tranquille et
les valeurs matérialistes du Québec contemporain. En
accord avec la doctrine sociale de l’Église, il
prône un humanisme chrétien fondé sur l’enracinement
national et communautaire dans un esprit d’ouverture
aux différenciations culturelles. En tant
qu’historien catholique, il entend défendre la
mémoire de l’Église, qui est si malhonnêtement
discréditée par un certain anticléricalisme
médiatique. Résolument hostile au modernisme de
Vatican II, il pense qu’il faut “tout instaurer dans
le Christ”, suivant le mot du pape saint Pie X (Omnia
instaurare in Christo).
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DU MÊME AUTEUR - BIBLIOGRAPHIE
Jean-Claude Dupuis, Ph.D.
Ouvrages numériques à
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UN COMBAT IDENTITAIRE
L'ACTION FRANÇAISE DE MONTRÉAl
(1917-1928)
Essai
Jean-Claude Dupuis, Ph.D.
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2013, 117 pages.
ISBN 978-2-89612-437-4
Téléchargement gratuit
http://www.manuscritdepot.com/a.jean-claude-dupuis.1.htm |
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LE CARDINAL TASCHEREAU
ET LE CATHOLICISME LIBÉRAL
(1820-1898)
Condensé - Thèse de doctorat
Jean-Claude Dupuis, Ph.D.
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2014, 316 pages.
ISBN 978-2-89612-468-8
Téléchargement gratuit
http://www.manuscritdepot.com/a.jean-claude-dupuis.2.htm
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LE SIECLE DE MGR BOURGET
(1840-1960)
Recueil d’essais sur l’histoire
politico-religieuse du Québec
Jean-Claude Dupuis, Ph. D.
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2016, 492 pages.
ISBN 978-2-89612-503-6
Téléchargement gratuit
http://manuscritdepot.com/a.jean-claude-dupuis.3.htm
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AU TEMPS DE
JEUNE NATION
Les écrits polémiques
d'un contre-révolutionnaire tranquille
Jean-Claude Dupuis, Ph. D.
Histoire - Recueil de textes
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2017, 298 pages.
ISBN 978-2-89612-528-9
Téléchargement gratuit
http://www.manuscritdepot.com/a.jean-claude-dupuis.4.htm
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POUR EN FINIR AVEC LE MYTHE
DE LA RÉVOLUTION TRANQUILLE
Jean-Claude Dupuis, Ph. D.
Histoire - Recueil d'essais
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2019, 202 pages.
ISBN 978-2-89612-564-7
Téléchargement gratuit
http://www.manuscritdepot.com/a.jean-claude-dupuis.5.htm
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Thèses et mémoires
Mgr Elzéar-Alexandre
Taschereau et le catholicisme libéral au Canada
français (1820-1898),
thèse de Ph.D. (histoire), Université Laval, 2006,
415 p. Codirection : Brigitte Caulier et Nive
Voisine.
https://www.erudit.org/
Nationalisme et
catholicisme. L’Action française de Montréal
(1917-1928), mémoire
de M. A. (histoire), Université de Montréal, 1992,
329 p. Direction : Pierre Trépanier.
« Réformisme et catholicisme.
La pensée sociale d’Arthur Saint-Pierre »,
Bulletin du regroupement des chercheurs-chercheures
en histoire des travailleurs et des travailleuses du
Québec, vol. 17, no 1 (hiver 1991),
p. 25-61.
« Pour une éducation
nationale. La pensée pédagogique de L’Action
française (1917-1928) », Cahiers d’Histoire
de l’Université de Montréal, vol. XIII, no
1 (printemps 1993), p. 34-47.
« La pensée économique de
L’Action française (1917-1928) », Revue
d’histoire de l’Amérique française, vol. 47, no
2 (automne 1993), p. 193-219.
« La pensée religieuse de
L’Action française (1917-1928) », SCHEC :
Études d’histoire religieuse, no 59
(1993), p. 73-88.
« La pensée politique de
L’Action française de Montréal (1917-1928) »,
Les Cahiers d’histoire du Québec au XXe
siècle, no 2 (été 1994), p. 27-43.
« La revue Relations et
le Concile Vatican II », Les Cahiers d’histoire
du Québec au XXe siècle, no
6 (automne 1996), p. 33-50.
« L’appel au chef. Lionel
Groulx et l’action politique », Les Cahiers
d’histoire du Québec au XXe siècle, no
8 (automne 1997), p. 94-99.
« Antonio Perrault et le
nationalisme juridique », L’Action nationale,
vol. 81, no
7 (septembre 1991), p. 1007-1009.
« Le retour de Cité Libre »,
L’Action nationale, vol. 81, no 8
(octobre 1991), p. 1043-1052.
« Histoire de la Ligue : la
pédagogie française », L’Action nationale,
vol. 81, no 8 (octobre 1991), p.
1114-1119.
« Histoire de la Ligue : le
problème économique », L’Action nationale,
vol. 82, no 1 (janvier 1992), p. 98-102.
« Histoire de la Ligue : le
nationalisme de L’Action française », L’Action
nationale, vol. 82, no 2 (février
1992), p. 229-234.
« Histoire de la Ligue :
nationalisme et catholicisme », L’Action
nationale, vol. 82, no 4 (avril
1992), p. 526-532.
« Défense de l’Inquisition »,
Le Sel de la Terre, no 29 (été
1999), p. 154-168.
« Mgr Ignace Bourget et
l’ultramontanisme canadien-français (1799-1885) »,
Le Sel de la Terre, no 38 (automne
2001), p. 137-166.
« Nationalisme, catholicisme
et séparatisme dans l'entre-deux-guerres », dans
Michel SARRA-BOURNET et Jocelyn SAINT-PIERRE, dir.
Les nationalismes au Québec du XIXe au
XXIe siècles, Québec, Presses de
l'Université Laval, 2001.
« Remarques sur le crédit
social », dans Gilles Gagné, dir.
L’antilibéralisme au Québec (Les séminaires
Fernand-Dumont), Québec, Nota Bene, 2003, p. 33-39.
« Télévision et éducation »,
Le Sel de la Terre, no 51 (hiver
2004-2005), p. 128-134.
« Au cœur de la Révolution
tranquille, la réforme scolaire au Québec
(1960-1970), Le Sel de la Terre, no
72 (printemps 2010), p. 169-194.
« Le Frère André de Montréal,
apôtre de saint Joseph et thaumaturge (1845-1937) »,
Le Sel de la Terre, no 76
(printemps 2011), p. 56-69.
« Histoire de la survivance
canadienne-française », Civitas, no
34 (décembre 2009), p. 47-51.
« Lionel Groulx (1878-1967) et
le combat identitaire canadien-français »,
Civitas, no 38 (janvier 2011), p.
61-65.
«Entrevue : La pensée
politique de l’abbé Groulx », Présent
(France), 6 février 2016, p. 6-7.
Articles numériques
Que penser de Pierre Karl
Péladeau? (17 février 2015) :
http://www.tradition-quebec.ca/2015/02/que-penser-de-pierre-karl-peladeau.html
Le chanoine Lionel Groulx et
le combat identitaire canadien-français » (23 mars
2015) :
http://www.tradition-quebec.ca/2015/03/le-chanoine-lionel-groulx-et-le-combat.html
Donald Trump vu de droite (15
novembre 2016) :
http://www.tradition-quebec.ca/2016/11/donald-trump-vu-de-droite.html
Un regard critique sur Paul
Gérin-Lajoie (3 juillet 2018) :
https://www.cqv.qc.ca/l_historien_jean_claude_dupuis_un_regard_critique_sur_paul_gerin_lajoie
Pour qui voter lors de cette
élection? (21 septembre 2018) :
https://www.cqv.qc.ca/les_chroniques_de_jean_claude_dupuis
Chroniques hebdomadaires sur
le site de Campagne Québec-Vie (2018-2019) :
https://www.cqv.qc.ca/les_chroniques_de_jean_claude_dupuis
Les Patriotes de 1837 et le
nationalisme canadien-français (11 avril 2015) :
http://www.lebonnetdespatriotes.net/lbdp/index.php/component/k2/item/2231-les-patriotes-de-1837-et-le-nationalisme-canadien-français-entretien-avec-jean-claude-dupuis
https://www.youtube.com/watch?v=hBm-pEzgUhs&feature=youtu.be
La Révolution tranquille et la
destruction de la société canadienne-française (15
mai 2015) :
http://www.tradition-quebec.ca/search/label/Conf%C3%A9rences
https://www.youtube.com/watch?v=ri7lSsxary8
Qu’est-ce qu’un Canadien
français? (21 novembre 2015) :
http://www.tradition-quebec.ca/2015/12/video-conference-de-jean-claude-dupuis.html
https://www.youtube.com/watch?v=JVJoTMY7rnU
Le Christ-Roi dans l’histoire du Québec (5 septembre
2015) :
https://www.youtube.com/watch?v=j8fbfBSF36M
Libéralisme et antichristianisme (5 septembre
2015) :
https://www.youtube.com/watch?v=D0078yzsoAs
Dollard des Ormeaux (23 mai 2016) :
https://www.youtube.com/watch?v=jtKDz_Fg7RE
Charles Maurras : Nationalisme et monarchie (18 juin
2016) :
https://www.youtube.com/watch?v=N4OQvJ_uPCU
Entrevue sur Duplessis avec
Louis Champagne, CKAJ Saguenay (23 août
2016) :
https://www.youtube.com/watch?v=Js7Jz9y-xYQ
Maurice Duplessis : grande noirceur ou âge d’or du
Québec ? (29 août 2016) :
https://www.youtube.com/watch?v=AcSx3f_OxFQ
Duplessis : grande noirceur ou
âge d’or du Québec? (1er décembre 2016) :
https://www.youtube.com/watch?v=0r3Ya6Cvp9g&feature=youtu.be
L’épopée de Ville-Marie (8 octobre 2016) :
https://www.youtube.com/watch?v=cMEl-0NLV10
Présentation du livre
numérique : Au temps de Jeune Nation (2 mars
2017):
https://www.youtube.com/watch?v=bc7vy9AVmrA
Histoire du Canada français,
10 conférences audio (1997-1998) :
https://www.youtube.com/watch?v=5UffbGO1mLI&spfreload=5
Histoire du Canada français :
les temps héroïques 1534-1663 :
https://www.youtube.com/watch?v=UoW03fRqOhU
Histoire du Canada français :
la colonie royale 1663-1760 :
https://www.youtube.com/watch?v=XeUEUsmzJMQ
La Réforme Parent, 1963-1968
(11 mai 2017) :
https://www.youtube.com/watch?v=sGt3yOLGJbs&t=1910s
Louis de Buade comte de
Frontenac (22 mai 2017) :
https://www.youtube.com/watch?v=PJ8-8L6Pxhg
Le Code Québec (7 septembre
2017) :
https://www.youtube.com/watch?v=bhcytbuxcWg
Pie X, un grand et saint pape
(9 septembre 2017) :
https://www.youtube.com/watch?v=aqWZv16f0W8&t=1035s
La légende noire du
clérico-natalisme (4 novembre 2017) :
https://www.youtube.com/watch?v=qP1e0B8eOCo
Le marquis de Montcalm et la
bataille des plaines d’Abraham, 1759 (21 mai 2018) :
https://www.youtube.com/watch?v=QcyG9lO0obg&feature=youtu.be
Le syndicalisme québécois :
table ronde avec Éric Duhaime (22 mars 2018) :
https://www.youtube.com/watch?v=EhDFWi9Y8lo&t=162s
DVD
des Journées québécoises du Christ-Roi (FSSPX)
en vente aux Éditions Nova Francia :
- Le Christ-Roi dans
l’histoire du Québec (septembre 2015).
- Libéralisme et
Antichristianisme (septembre 2015).
- L’épopée de Ville-Marie
(octobre 2016).
- Le cardinal Paul-Émile Léger
(octobre 2016).
- Le pape Saint Pie X
(septembre 2017).
- L’Église et l’Économie
(septembre 2018).
- La Grève d’Asbestos
(septembre 2018).
http://leseditionsnovafrancia.ca/ |
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Nation - Les écrits polémiques d'un
contre-révolutionnaire tranquille,
Histoire,
Jean-Claude Dupuis, Ph.D., Fondation littéraire Fleur de Lys.
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