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HOMMAGE À CLAUDE COLLIN
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CLAUDE COLLIN
(1925 – 2018)
L’EXPÉRIENCE PHILOSOPHIQUE
Essai de didactique expérimentale
LIVRE NUMÉRIQUE GRATUIT - EBOOK GRATUIT - PDF GRATUIT


LIVRE NUMÉRIQUE GRATUIT - EBOOK GRATUIT - PDF GRATUIT
Cette nouvelle édition de l’ouvrage
L'EXPÉRIENCE PHILOSOPHIE
Essai de didactique expérimentale
du professeur de philosophie CLAUDE COLLIN (1925-2018)
se veut un hommage à ce pionnier
de la didactique de l’enseignement de la philosophie
dans nos Collèges d’enseignement général et professionnel (Cégep).
CLAUDE COLLIN (1925 – 2018)
L’EXPÉRIENCE PHILOSOPHIQUE
Essai de didactique expérimentale
NOUVELLE ÉDITION HOMMAGE
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2026, 158 pages.
Copyright © Claude Collin 1977
Tous droits réservés. Toute reproduction de ce livre, en totalité ou en
partie, par quelque moyen que ce soit, est interdite sans l’autorisation
écrite de l’auteur. Tous droits de traduction et d’adaptation, en
totalité ou en partie, réservés pour tous les pays. La reproduction d’un
extrait quelconque de ce livre, par quelque moyen que ce soit, tant
électronique que mécanique, et en particulier par photocopie et par
microfilm, est interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.
Disponible en version numérique uniquement
ISBN 978-2-89612-667-5
Dépôt légal – 1er trimestre 2026
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Bibliothèque et Archives Canada
Imprimé en format numérique (PDF) au Québec
LIVRE NUMÉRIQUE GRATUIT - EBOOK GRATUIT - PDF GRATUIT
Édité par la Fondation littéraire Fleur de Lys, organisme sans but
lucratif,
éditeur libraire québécois sans but lucratif en ligne sur Internet
en collaboration avec
L'Observatoire des nouvelles pratiques philosophiques
Adresse électronique :
contact@manuscritdepot.com
Sites Internet :
http://manuscritdepot.com/
https://livrequebec.com/

Observatoire des nouvelles pratiques philosophiques

Fondation littéraire Fleur de Lys
Hommage à Claude Collin
(1925 – 2018)
Professeur de philosophie, pionnier de la
didactique de l’enseignement de la philosophie au collégial
(Québec)
Claude Collin (1925 – 2018) a développé une
position didactique dite « expérimentale », centrée sur l’expérience
philosophique et sur le processus de penser plutôt que sur un simple
apprentissage technique de contenus. L’idée est de concevoir
l’enseignement de la philosophie non pas comme une succession
d’exercices formels, mais comme une mise en situation réflexive où
l’étudiant engage son expérience intérieure et son rapport au sens
philosophique.
Ce point de vue, longtemps marginal dans les
programmes collégiaux, s’inscrit dans une critique générale de
l’éducation qui cherche à donner du sens à l’acte de philosopher plutôt
qu’à en faire un ensemble de compétences mesurables ou un simple savoir
transmis.
Pourquoi cette réédition hommage à Claude
Collin ?
Pionnier québécois de la didactique de
l’enseignement de la philosophie au collégial
« Comment enseigner la philosophie au
collégial pour permettre aux étudiants de vivre une véritable expérience
philosophique leur permettant de penser en philosophe ? »
Voici une question à laquelle Claude Collin
(1925 – 2018) apporte une réponse inédite, originale, révolutionnaire.
Professeur de philosophie au Cégep du Vieux-Montréal pendant de
nombreuses années, monsieur Collin étudie le bénéfice réel des cours de
philosophie pour ses élèves alors que l’éducation au Québec connaît une
réforme majeure dans la foulée de la Révolution tranquille au cours des
années 1960-1970. Ses travaux remettent en cause les cours magistraux
jusque-là seuls au programme des collégiens. Il constate que l’objectif
ciblé n’est pas nécessairement atteint alors que l’étudiant se confronte
à une somme énorme de connaissances théoriques qu’il maîtrise
difficilement.
Dans ce livre, le professeur Collin met de
l’avant la nécessité de faire vivre une expérience philosophique aux
étudiants. Il se fonde alors sur un fait simple mais essentiel dans
l’acquisition et la maîtrise de la connaissance. C’est par l’expérience
que l’homme acquiert le mieux ses connaissances, ces dernières devenant
ainsi pratiques plutôt que théoriques.
Il s’engage alors auprès de ses étudiants
comme guide d’une expérience philosophique fondée sur leur vécu. Il
apprend à ses élèves à penser ce qu’ils vivent en philosophe.
Son approche fera grand bruit et rarement
l’unanimité. Aujourd’hui reconnu comme le pionnier québécois de la
didactique de l’enseignement de la philosophie au collégial, Claude
Collin demeure à découvrir et à redécouvrir.
« On peut comprendre le désarroi des
professeurs de philosophie du collégial qui retrouvent très peu à
l’intérieur de leur discipline les dispositifs pédagogiques pour
enseigner la pensée critique. C’est comme si les considérations
pédagogiques entourant le développement de la pensée critique étaient
naturellement psychologiques. On connaît bien, au Québec, les travaux de
Jacques Boisvert, professeur de psychologie au Cégep St-Jean-sur-Richelieu,
sur le développement de la pensée critique dans le contexte collégial.
Il faut cependant regretter que
les travaux de pionnier de Claude Collin, professeur de philosophie,
maintenant à la retraite du Cégep du Vieux-Montréal n’aient pas été
aussi remarqués.
»
Source :
UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE – Élaboration de
stratégies pour l’enseignement de la pensée critique dans les cours de
philosophie au collégial par Romain Beaulieu – Essai présenté à la
Faculté d’éducation en vue de l’obtention du grade de Maître en
éducation (M.Éd.) Maîtrise en enseignement Août 2005 – © Romain
Beaulieu, 2005.
PRÉSENTATION
(Texte de la quatrième de couverture de
l'édition originale, Montréal, Bellarmin, [v. 1978].)
Pendant que des efforts considérables
s'effectuaient dans le sens d'une recherche fondamentale, nous avons cru
nécessaire d'attirer l'attention sur les possibilités d'une recherche
scientifique portant sur les conditions psychopédagogiques de
l'enseignement de la Philosophie, tout en respectant les objectifs
lointains d'une démocratisation de l'enseignement. De ce point de vue,
il s'agissait d'édifier et de perfectionner un instrument de travail
adapté aux besoins de l'étudiant actuel de sorte qu'il devienne capable
d'élaborer sa propre philosophie.
D'un point de vue
didactique, la philosophie n'est pas, elle se construit. Il ne s'agit
donc pas d'apprendre des doctrines toutes faites, bien que nous sachions
que l'étude des philosophies particulières est nécessaire à
l'approfondissement d'une philosophie. Mais le problème didactique
consiste à savoir comment favoriser, chez l'étudiant réel, la maîtrise
des opérations mentales fondamentales qu'effectue le philosophe
lorsqu'il réfléchit à la manière d'un philosophe.
EXTRAITS
AVANT-PROPOS
Il y a quelques années,
nous proposions d’appliquer à l’étude des problèmes pédagogiques de
l’enseignement de la philosophie la méthode d’investigation scientifique
propre à la didactique expérimentale. L’étude des faits pédagogiques
entendus dans le sens défini par l’éminent professeur Raymond Buyse nous
semblait un moyen sérieux et efficace d’élaborer une méthode didactique
répondant à la fois aux besoins réels des étudiants et aux exigences de
la réflexion philosophique.
Cette recherche
s’inscrivait dans un contexte socio-culturel qui en déterminait le sens
et les raisons d’être. Plusieurs études avaient mis en lumière certains
aspects de la crise que subissait l’enseignement de la philosophie,
suite à ce que l’on a appelé la « révolution tranquille ».
Le ministère de
l’Éducation du Gouvernement du Québec publiait, en 1972, un rapport
d’enquête (englobant les années 1967-1968-1969) sur les professeurs de
philosophie, leurs représentations de la philosophie comme savoir et
comme pratique . L’enseignement de la philosophie était remis en
question d'une façon parfois très radicale par les enseignants, tant
sous l’aspect pédagogique (objectifs, contenus, méthodes, modes
d’intervention, etc.) que sous l’aspect idéologique et socio-culturel.
Ces documents ne
faisaient que décrire une situation qu’étudiants et enseignants vivaient
tous les jours, situation d’autant plus difficile et délicate que le
climat des relations de travail à l’intérieur des institutions
éducatives favorisait une réflexion politique (en termes de pouvoirs)
qui rejoignait les interrogations contemporaines sur la fonction de la
pédagogie dans les appareils de l’État. L’incidence politique de la
pédagogie éclatait dans les données mêmes du vécu quotidien. D’où
l’angoisse des uns et la satisfaction confiante des autres devant
l’ampleur de la remise en question. D’où, aussi, la radicalisation des
attitudes face au change ment qui s’effectuait : nouvelle population
étudiante (très diversifiée aux points de vue âge, orientation,
mentalité, préparation, etc.) ; nouvelle structure des programmes à
repenser ; préoccupation évidente de re joindre le vécu quotidien ;
besoin profondément ressenti de clarifier le statut de l’enseignement de
la philosophie menacé de plus en plus par le développement des sciences
humaines.
Le renouvellement des
effectifs au sein des corps professoraux, tout en apportant du sang neuf,
ne faisait que mettre en lumière l’urgence de cette remise en question
et l’absence presque totale d’études pédagogiques dans le domaine de
l’enseignement de la philosophie, comme le laisse soupçonner le rapport
de l’Association des Professeurs de Philosophie des Collèges du Québec
(p. 249) :
« Je tiendrais, affirme
un professeur, à ce que vous mettiez dans ce rapport que je veux savoir
ce que c’est que l’enseignement. Je voudrais que vous le souligniez.
Dans n’importe quel domaine, mais en philosophie en particulier.
Qu'est-ce que c'est le rôle du professeur comme professeur ? »
Le rapport commente de
la façon suivante cette interrogation :
« Cette question est
centrale dans notre interrogation sur la présence du groupe à la culture
québécoise, car elle n'appelle rien moins que des énoncés concernant le
sens, la justification, les limites et la portée effectives des
activités pédagogiques du professeur de philosophie (. . .). Cette
question est également centrale à un autre titre : ce qu'elle affirme
péremptoirement et agressivement c'est que présentement, il n’y a pas de
réponse claire à cette question, encore moins de réponse reconnue ! et
que » les jeunes. malgré leurs allures d'avant-garde, ne sont guère plus
capables que quiconque d'en formuler une »
Cette constatation
exprimée par les auteurs de ce rapport ne repose sans doute pas sur ce
seul témoignage : elle exprime bien, cependant, un aspect du climat
d’inquiétude, d’insécurité et d’ambiguïté où baignait l’enseignement de
la philosophie dans les premières années qui ont suivi la réforme de
l’Éducation au Québec. Il faut bien dire que la pédagogie de la
philosophie n’a jamais fait l’objet de beaucoup de recherches dans le
passé. On relève à peine deux ou trois ouvrages pédagogiques concernant
cette discipline au cours des quinze dernières années . On comprend que
le problème pédagogique se posait si brutalement qu’il risquait d’être
absorbé et subjugué par des préoccupations d’ordre idéologique.
Sans vouloir minimiser
l’importance et l’urgence d’une remise en question du sens et de la
signification de l’enseignement de la philosophie dans le contexte
socio-culturel du Québec en évolution, il nous semblait à propos de
rappeler la fonction irremplaçable de la re cherche expérimentale en ce
domaine, dans l’espoir que la révolution entreprise portât tous ses
fruits. D’autres études nous révélaient le peu de cas fait à la
connaissance réelle de nos étudiants dans cette remise en question,
puisque l’attente des étudiants face à l’enseignement de la philosophie
était fortement déçue selon les applications des tests PERPE* PHILO .
Enfin, le Rapport Roquet portait un jugement sévère sur la valeur de
formation des cours communs obligatoires au niveau collégial .
En définitive, la
remise en question de l’enseignement de la philosophie se faisait
brutalement, non seulement en raison d’une transformation rapide du
contexte socio-culturel québécois, mais, plus précisé ment, parce que
l’on continuait à considérer la philosophie comme connaissance à
transmettre sans tenir suffisamment compte du principal intéressé,
l’étudiant. Chacun se faisait la conscience de l’étudiant à travers sa
propre conception de l’état de la société québécoise et sa propre
conception de la philosophie.
Dans une telle optique
on peut toujours considérer la pédagogie comme un pouvoir entre les
mains de l’État pour justifier, maintenir et développer un modèle de
société correspondant à l’image de la classe dominante. Mais une telle
affirmation ne peut constituer une base scientifique pour déterminer les
objectifs d’un cours et la méthodologie qui permet de les atteindre.
Elle conduit plutôt à une prise de position ambiguë : il s’agit
effectivement, dans tout apprentissage ou enseignement, d’utiliser un
pouvoir, mais aussi de communiquer ou développer un pouvoir (celui que
donnent toute connaissance et toute formation); on utilise un pouvoir
pour transmettre un modèle de société, mais en réalité la connaissance
libère et la formation permet d’agir. Cela est particulièrement vrai en
ce qui concerne l’enseignement de la philosophie. Le message est le
médium lui-même.
Ainsi, le débat
pédagogique au sein des corps professoraux se maintenait beaucoup plus
au niveau de l’idéologie que de la pédagogie et débouchait sur un
dogmatisme nouveau, qui, dans la pratique, ne changeait pas grand-chose
au point de vue psychopédagogique. On substituait une doctrine à une
autre. C’était la lutte entre une idéologie dominante et une autre se
croyant justifiée de s’imposer.
Le seul moyen d’éviter
cet écueil du dogmatisme ou d'une aliénation nouvelle était à nos yeux
d’orienter la pédagogie dans le sens d’une mise en œuvre de moyens pour
développer des capacités mentales en considérant la réflexion
philosophique comme un « comportement ».
Pourtant, la «
révolution tranquille » ne pouvait pas ne pas impliquer une remise en
question de la pédagogie dès lors que cette société cherchait à se
redéfinir, à marquer son originalité et à se choisir un avenir. On ne
peut se découvrir, se reconnaître vraiment sans se psychanalyser, c’est-à-dire
sans prendre conscience de son aliénation et des conditions objectives
qui l’entre tiennent. La société, dans son ensemble, et plus
particulièrement par les media d’information électroniques, agit sur
l’individu selon le schéma de l’expérience vécue (cf. p. 116) et
contribue à son aliénation en un sens déterminé, dans la mesure où un
pouvoir (que ce soit celui de l’establishment financier, d’une idéologie
politique ou sociale) manipule ces media.
La révolution
tranquille, pour dépasser cette mise en conditionnement des gens et la
surmonter, se devait de mettre entre les mains de la jeunesse des
instruments intellectuels capables d’assurer leur maturité sans
l'entraîner vers un autre état d’aliénation. Tout cela impliquait des
études sérieuses en pédagogie, et plus particulièrement en pédagogie de
la philosophie, si tant est vrai que celle-ci soit une sagesse et un
apprentissage de la vie, comme nous espérons pouvoir le démontrer au
cours de ce travail. En ce sens, le Rapport Parent avait inscrit dans la
réforme souhaitée de l’enseignement les principes d’une démocratisation
nécessaire. Il était à prévoir qu’une transformation en profondeur
allait s’effectuer dans une reformulation mieux articulée et adaptée des
institutions éducatives. Mais au niveau de la classe, on persistait
souvent à confondre objectifs philosophiques et objectifs pédagogiques.
Pendant que des efforts
considérables s’effectuaient dans le sens d’une recherche fondamentale,
nous avons cru nécessaire d’attirer l’attention sur les possibilités
d’une recherche scientifique portant sur les conditions
psychopédagogiques de l’enseignement de la Philosophie, tout en
respectant les objectifs lointains d’une démocratisation de
l’enseignement. De ce point de vue, il s’agissait d’édifier et de
perfectionner un instrument de travail adapté aux besoins de l’étudiant
actuel de sorte qu’il devienne capable d’élaborer sa propre philosophie.
Le seul moyen de
parvenir à cette fin était à nos yeux de mener une recherche
systématique sur le com portement mental des étudiants en rapport avec
le comportement du philosophe.
En publiant notre
premier essai, nous ne dis posions pas de faits pédagogiques
significatifs suffisants pour cerner ce problème avec précision et d'une
façon complète. Nous avons l’impression d’avoir progressé en ce sens en
poursuivant notre recherche (que nous qualifions d’artisanale, en raison
de l'impossibilité, dans le contexte actuel, d’obtenir des conditions
nécessaires à une recherche rigoureusement scientifique). En utilisant
analogiquement les modèles scientifiques issus de l’informatique, de la
psychologie, de la neurophysiologie, nous croyons avoir dégagé les
caractéristiques les plus importantes, à nos fins, du comportement
mental réel de l’étudiant qui s'initie à la philosophie.
Nous en venons à la
conclusion que l’enseignement de la philosophie doit permettre à
l’étudiant de passer graduellement d’un type de réflexion spontanée au
modèle de réflexion systématique propre à la philosophie. Et puisque
l’expérience est la voie naturelle de tout apprentissage, le problème
fondamental de l’enseignement de la philosophie peut s’exprimer de la
façon suivante : comment l'étudiant peut-il parvenir à vivre des
expériences philosophiques de type achevé et ainsi développer un esprit
philosophique ?
L’essai que nous
publions aujourd’hui tente de ré pondre à cette question. Dans une
première partie, nous nous efforçons de cerner le problème du passage de
l’expérience vécue commune à l’expérience philosophique proprement dite.
Dans la seconde partie, nous abordons les principaux aspects de ce
problème d’un point de vue didactique. Nous présentons, ensuite,
quelques travaux d’étudiants pouvant servir d’illustration.
La révolution
tranquille, pour dépasser cette mise en conditionnement des gens et la
surmonter, se devait de mettre entre les mains de la jeunesse des
instruments intellectuels capables d’assurer leur maturité sans
l’entraîner vers un autre état d’aliénation.
Tout cela impliquait
des études sérieuses en pédagogie, et plus particulièrement en pédagogie
de la philosophie, si tant est vrai que celle-ci soit une sagesse et un
apprentissage de la vie, comme nous espérons pouvoir le démontrer au
cours de ce travail. En ce sens, le Rapport Parent avait inscrit dans la
réforme souhaitée de l'enseignement les principes d’une démocratisation
nécessaire. Il était à prévoir qu’une transformation en profondeur
allait s’effectuer dans une reformulation mieux articulée et adaptée des
institutions éducatives. Mais au niveau de la classe, on persistait
souvent à confondre objectifs philosophiques objectifs pédagogiques.
Pendant que des efforts
considérables s’effectuaient dans le sens d’une recherche fondamentale,
nous avons cru nécessaire d’attirer l’attention sur les possibilités
d’une recherche scientifique portant sur les conditions
psychopédagogiques de l’enseignement de la Philosophie, tout en
respectant les objectifs lointains d’une démocratisation de
l’enseignement. De ce point de vue, il s’agissait d’édifier et de
perfectionner un instrument de travail adapté aux besoins de l’étudiant
actuel de sorte qu’il devienne capable d’élaborer sa propre philosophie.
Le seul moyen de
parvenir à cette fin était à nos yeux de mener une recherche
systématique sur le com portement mental des étudiants en rapport avec
le comportement du philosophe.
En publiant notre
premier essai, nous ne dis posions pas de faits pédagogiques
significatifs suffisants pour cerner ce problème avec précision et d'une
façon complète. Nous avons l'impression d'avoir progressé en ce sens en
poursuivant notre recherche (que nous qualifions d'artisanale, en raison
de l'impossibilité, dans le contexte actuel, d'obtenir des conditions
nécessaires à une recherche rigoureusement scientifique). En utilisant
analogiquement les modèles scientifiques issus de l’informatique, de la
psychologie, de la neurophysiologie, nous croyons avoir dégagé les
caractéristiques les plus importantes, à nos fins, du comportement
mental réel de l’étudiant qui s’initie à la philosophie.
Nous en venons à la
conclusion que l’enseignement de la philosophie doit permettre à
l’étudiant de passer graduellement d’un type de réflexion spontanée au
modèle de réflexion systématique propre à la philosophie. Et puisque
l’expérience est la voie naturelle de tout apprentissage, le problème
fondamental de l’enseignement de la philosophie peut s’exprimer de la
façon suivante : comment l'étudiant peut-il parvenir à vivre des
expériences philosophiques de type achevé et ainsi développer un esprit
philosophique ?
L’essai que nous
publions aujourd’hui tente de ré pondre à cette question. Dans une
première partie, nous nous efforçons de cerner le problème du passage de
l’expérience vécue commune à l’expérience philosophique proprement dite.
Dans la seconde partie, nous abordons les principaux aspects de ce
problème d’un point de vue didactique. Nous présentons, ensuite,
quelques travaux d’étudiants pouvant servir d’illustration.
AU SUJET DE L'AUTEUR ET DE SON ŒUVRE
Claude Collin a développé une position didactique dite «
expérimentale », centrée sur l’expérience philosophique et sur le
processus de penser plutôt que sur un simple apprentissage technique
de contenus. L’idée est de concevoir l’enseignement de la
philosophie non pas comme une succession d’exercices formels, mais
comme une mise en situation réflexive où l’étudiant engage son
expérience intérieure et son rapport au sens philosophique.
Ce point de vue, longtemps marginal dans les programmes
collégiaux, s’inscrit dans une critique générale de l’éducation qui
cherche à donner du sens à l’acte de philosopher plutôt qu’à en
faire un ensemble de compétences mesurables ou un simple savoir
transmis.
* * *
L’un des apports majeurs de Claude Collin est son ouvrage
intitulé L’expérience philosophique : essai de didactique
expérimentale (publié en 1978). Ce livre propose une vision
originale de l’enseignement de la philosophie, fondée non pas sur
une simple transmission de concepts ou de contenus historiques, mais
sur une mise en œuvre réfléchie de l’expérience philosophique vécue
par l’étudiant lui-même.
* * *
Le terme didactique expérimentale ne signifie pas expérimentation
au sens strictement scientifique, mais plutôt une approche
pédagogique qui place l’expérience directe comme point de départ de
l’acte philosophique. Dans ce cadre :
-
l’accent est
mis sur la pensée réfléchie et critique de l’étudiant plutôt que
sur la mémorisation de doctrines ;
-
l’expérience
commune vécue (les pensées, sentiments, questions réelles des
étudiants) devient matériau pédagogique pour philosopher ;
-
le rôle du
professeur est d’accompagner la réflexion active, plutôt que d’«
expliquer » la philosophie de façon magistrale ;
-
cette approche
s’oppose à des modèles plus technicistes ou instrumentaux qui
réduisent l’enseignement philosophique à une série d’objectifs
et de compétences mesurables (comme « savoir analyser un texte
», « rédiger une dissertation », etc.).
-
Dans
L’expérience philosophique, Collin explore le passage de :
l’expérience vécue ordinaire (pensées, jugements spontanés de
l’étudiant) à l’expérience philosophique réfléchie (capacité à
poser des questions, analyser des présupposés, structurer une
argumentation).
-
L’idée
fondamentale est que philosopher ne se résume pas à apprendre
des auteurs ou des doctrines, mais à engager l’étudiant dans le
processus même de la pensée philosophique, à partir de ses
propres expériences et interrogations.
-
Cette
proposition s’inspire en partie des travaux sur l’expérience, la
pensée réflexive et la formation de l’esprit critique, et elle
se distingue nettement des approches centrées sur l’analyse
formelle de textes ou sur des objectifs d’apprentissage
prescriptifs.
TABLE DES MATIÈRES
TABLE DES
MATIÈRES
Première de
couverture
Page de garde
de l’édition originale
Page de grand
titre de l’édition originale
Page des droits
d’auteur et ISBN de l’édition originale
Droits d'auteur
de la nouvelle édition
Édition hommage
à Claude Collin
PRÉSENTATION
Fondation
littéraire Fleur de Lys
Observatoire des nouvelles pratiques philosophiques
Pourquoi
cette réédition hommage à Claude Collin ?
Épigraphe
AVANT-PROPOS
INTRODUCTION
PREMIÈRE PARTIE
DE L’EXPÉRIENCE
VÉCUE ORDINAIRE À L’EXPÉRIENCE VÉCUE PHILOSOPHIQUE. ÉLABORATION
THÉORIQUE
CHAPITRE 1
L’EXPÉRIENCE VÉCUE DES ÉTUDIANTS
1.
L'objectif pédagogique
2. La
tâche
3. Les
stratégies d’action
4. Les
étudiants
5. Les
résultats
6.
Description et analyse des caractéristiques
A —
Le caractère particulier des expériences vécues
B —
Le caractère commun de l’expérience vécue
C —
L’interprétation dans l’expérience vécue
D —
Le caractère transformant de l’expérience
E —
L’inconscient de l’expérience
F —
La généralisation hâtive et la satisfaction de cette
généralisation
7 —
Conclusion
CHAPITRE 2
VERS L’EXPÉRIENCE PHILOSOPHIQUE
CHAPITRE 3
LE PROCESSUS DE LA RÉFLEXION PHILOSOPHIQUE
CONCLUSIONS
GÉNÉRALES DE LA PREMIÈRE PARTIE
DEUXIÈME PARTIE
PROBLÈMES
PÉDAGOGIQUES PARTICULIERS
CHAPITRE 1
ÉTUDE DES EXPÉRIENCES VÉCUES DES ÉTUDIANTS
A —
ORIGINE DES EXPÉRIENCES
B — LES
CONCEPTS DES EXPÉRIENCES VÉCUES
1 — Les
concepts centraux
2 — Les
concepts et les problèmes philosophiques
Conclusions pratiques
CHAPITRE 2
QUELQUES PRÉCISIONS SUR L'EXPÉRIENCE COMME POINT DE DÉPART À LA
RÉFLEXION PHILOSOPHIQUE
A ―
L'EXPLICATION OBJECTIVE
B ― LE
CONCEPT CENTRAL
C ―
QUELQUES EXPÉRIENCES
CHAPITRE 3
LES MODÈLES DE TRANSFORMATIONS ANALYTIQUES ET DE VÉRIFICATION
1. LES
MODÈLES DE TRANSFORMATIONS ANALYTIQUES
2 LES
MODÈLES DE VÉRIFICATION 144
A ―
Modèles des problèmes axés sur un aspect du concept central
B ―
Modèles des problèmes en rapport avec la cueillette
d'information
C ― La
vérification
CONCLUSION
CONCLUSIONS
BIBLIOGRAPHIE
Collection «
L'Univers de la Philosophie »
Quatrième de
couverture de l’édition originale
EXTRAITS
Ce manuel
s'adresse à toutes celles et à tous ceux qui ont le désir et le goût
de cheminer personnellement vers un approfondissement toujours plus
grand de ce qui fait la trame parfois si mystérieuse de la condition
humaine. Il s'adresse d'une façon spéciale aux étudiants et
étudiantes du collégial.
Il se veut un
chemin ouvert: il n'offre pas de solution magique à la difficile
quête du bonheur de l'être humain ; il ne présente pas de contenu
doctrinal ayant réponse à tout.
Une simple
invitation à vivre une expérience philosophique, c'est-à-dire à se
pencher sur la vie de tous les jours, à chercher le sens de ce qui
arrive, à se l'exprimer soi-même avec confiance, en ayant pour seul
désir d'aller au fond des choses.
Il s'agit de
mener une réflexion divisée en trois parties conduisant
inévitablement au niveau de la pensée philosophique.
Il comporte
quatre leçons que l'étudiant doit lire avant de participer au cours.
Le rôle de
l'enseignant consiste à expliquer en classe chacune des trois étapes
de l'expérience philosophique.
L'étudiant est
libre de choisir le domaine qui lui convient comme point de départ à
la réflexion. Mais il peut être avantageux de s’arrêter sur un thème
se rapportant à la matière de la session. Habituellement, ces sujets
se dans le plan de COUPS ou le cahier de notes du professeur.
REVUE DE PRESSE
Un compte-rendu par André Dagenais publié dans l'édition du 4
novembre 1978 dans le quotidien LE DEVOIR
